Les ferries de MyFerryLink bannis de Douvres

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LES FERRIES DE MYFERRYLINK NE PEUVENT PAS RELIER CALAIS À DOUVRES
LES FERRIES DE MYFERRYLINK NE PEUVENT PAS RELIER CALAIS À DOUVRES

PARIS/LONDRES (Reuters) - L'Autorité britannique de la concurrence a confirmé vendredi sa décision d'interdire aux ferries de MyFerryLink, filiale du groupe Eurotunnel, de relier Calais à Douvres.

Eurotunnel a réagi sans tarder en annonçant qu'il ferait appel de la décision du régulateur britannique, qu'il a qualifiée d'"aberrante".

"Eurotunnel aura six mois pour mettre un terme à ses services (...). Il pourrait aussi trouver un autre propriétaire pour l'activité MyFerryLink qui rendrait MyFerryLink totalement indépendant d'Eurotunnel", a indiqué l'Autorité de concurrence (Competition and Markets Authority, CMA) dans sa décision.

Le régulateur a ainsi confirmé la décision qu'il avait rendue dans un avis préliminaire communiqué en mai, dans laquelle il interdisait aux ferries Berlioz et Rodin, exploités par Eurotunnel, d'assurer la liaison Calais-Douvres pour une durée de dix ans.

Issu du rachat de l'ex-compagnie de ferries SeaFrance en 2012, MyFerryLink emploie près de 600 personnes.

L'Autorité de concurrence a une nouvelle fois justifié sa décision par le fait que deux des opérateurs assurant actuellement la liaison perdent de l'argent, estimant que le niveau de concurrence n'est pas soutenable et pourrait conduire au retrait de l'un des acteurs.

L'opérateur danois de ferry DFDS, qui exploite des ferries sur la liaison, a dit perdre entre 8 et 10 millions de couronnes danoises (entre 1,08 et 1,34 million d'euros) par mois du fait de la concurrence de MyFerryLink.

"La décision de la CMA est un déni de réalité. Elle pénalise le consommateur et prive 600 personnes de travail sans réelle justification", a réagi Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, cité dans un communiqué.

Eurotunnel estime qu'en retirant un des acteurs, la CMA "organise un duopole de fait sur le secteur maritime", rappelant que sa décision va à rebours de l'analyse qui avait été faite par l'Autorité de concurrence française.

"Groupe Eurotunnel ne peut que faire appel d'une décision aussi injuste", indique la société dans un communiqué.

En Bourse, l'action Eurotunnel s'inscrit parmi les plus fortes hausses de l'indice SBF 120 et gagne 1,34% à 9,769 euros à 9h54.

Le broker Oddo Securities est passé à l'achat sur la valeur et a porté son objectif de cours de 9,2 à 11,2 euros, estimant que l'évolution de la structure concurrentielle devrait soutenir la croissance d'Eurotunnel.

Il cite l'élimination d'un foyer de pertes, un gain de parts de marché et un contexte plus favorable en termes de prix, et ajoute qu'Eurotunnel dispose d'autres atouts (redressement du marché transManche, hausse régulière du dividende, arrivée de Deutsche Bahn).

(Gwénaëlle Barzic à Paris et Sarah Young à Londres, avec Raoul Sachs, édité par Dominique Rodriguez)

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