Les Farc qualifient Roméo Langlois de "prisonnier de guerre"

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Les Farc qualifient Roméo Langlois de "prisonnier de guerre"
Les Farc qualifient Roméo Langlois de "prisonnier de guerre"

par Eduardo Garcia et Luis Jaime Acosta

BOGOTA (Reuters) - Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont confirmé dimanche qu'elles détenaient le journaliste de France 24 Roméo Langlois, capturé le 28 avril lors d'un accrochage avec l'armée dans la jungle du sud du pays.

Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube, les Farc ont précisé que les légères blessures subies par le correspondant français lors de cet engagement ne menaçaient en rien sa vie.

"Le journaliste français Roméo Langlois a été fait prisonnier en pleine bataille alors même qu'il arborait un uniforme de l'armée. Il est entre nos mains en tant que prisonnier de guerre", a affirmé un chef de la guérilla nommé Ancizar, alias "Monaso", dans ce message.

"Il est légèrement blessé au bras. Il a été soigné et sa vie n'est pas en danger", a ajouté ce guérillero en treillis militaire et un fusil-mitrailleur, semble-t-il, en bandoulière. Il était entouré d'une dizaine de combattants lourdement armés, dont plusieurs femmes.

Ancizar a souligné que les Farc savaient que leur prisonnier était un journaliste français, ajoutant que le mouvement espérait "sortir prochainement de cette impasse".

Lundi, le président colombien Juan Manuel Santos avait appelé les Farc à libérer le plus rapidement possible le journaliste de France 24, un reporter aguerri qui effectuait le 28 avril un reportage avec une unité anti-drogue de l'armée

L'accrochage du 28 avril s'est produit dans le village de La Union Peneya, dans la région de Caqueta.

Trois soldats et un policier ont été tués lors de l'offensive et les cinq membres des forces de sécurité portés disparus ont été retrouvés vivants, selon le ministère de la Défense.

Le gouvernement de Bogota a changé de stratégie face à la principale guérilla latino-américaine, jugée affaiblie. L'armée mène désormais un combat frontal contre les structures militaires et économiques des Farc, alors qu'elle privilégiait il y a peu l'assassinat ou l'enlèvement de ses principaux responsables.

Selon les analyses de l'état-major des forces armées, la guérilla est considérablement affaiblie après la mort de ses chefs, Raul Reyes, Victor Julio Suarez et Alfonso Cano, mais reste active grâce au maintien de cellules de commandement intermédiaires.

Les membres des Farc, qui seraient encore 8.000 selon le gouvernement, ont intensifié leurs attaques ces dernières semaines, surtout contre le secteur pétrolier. Bogota refuse d'entamer des pourparlers de paix tant que les guérilleros détiendront des otages et continueront d'attaquer des civils et des militaires.

Jean-Loup Fiévet pour le service français

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