Les Farc annoncent un cessez-le-feu permanent unilatéral

le
0

(Actualisé avec déclarations supplémentaires, contexte) par Julia Symmes Cobb et Peter Murphy BOGOTA, 17 décembre (Reuters) - Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont annoncé mercredi un cessez-le-feu unilatéral sans limitation de durée "qui devrait se transformer en armistice", parallèlement aux négociations de paix en cours depuis fin 2012 avec le gouvernement colombien. Ce cessez-le-feu entrera en vigueur samedi mais sera annulé à la moindre attaque de la police ou de l'armée, précisent les rebelles marxistes dans un communiqué diffusé sur leur site internet. Depuis le début des négociations de paix à Cuba, le gouvernement a constamment rejeté la proposition des Farc d'une trêve bilatérale. "Nous avons décidé de déclarer un cessez-le-feu unilatéral et de cesser les hostilités pour une durée indéterminée, ce qui devrait se transformer en armistice", déclarent les Farc dans un communiqué. Les rebelles avaient déjà décrété des trêves provisoires pour la période de Noël ces deux dernières années. Ils avaient aussi cessé les opérations de combat pour l'élection présidentielle organisée cette année en Colombie. Ce scrutin a abouti à la réélection de Juan Manuel Santos, qui s'est engagé à mener à bien le processus de paix. "Ce cessez-le-feu unilatéral, dont nous espérons qu'il se prolongera dans le temps, se terminera uniquement s'il s'avère que nos structures de guérilla ont été l'objet d'attaques de la part de la force publique", soulignent les Farc. "MAINTENANT OU JAMAIS" Initiative inhabituelle de leur part, les rebelles demandent que leur cessez-le-feu soit supervisé au choix par les Nations unies, la Croix-Rouge, les organisations intergouvernementales régionales ou l'Eglise catholique. Le gouvernement n'a pas réagi dans l'immédiat à ce geste des Farc. Depuis sa naissance dans les années 1960 d'un mouvement paysan en faveur d'une réforme agraire, cette rébellion marxiste a combattu par les armes les gouvernements successifs en Colombie. Ce conflit a fait plus de 220.000 morts et provoqué des déplacements massifs de population. Le processus de paix en cours est déjà le plus abouti de toutes les tentatives de règlement du conflit. Des accords partiels ont ainsi été conclus sur la réforme agraire, la transformation des Farc en force politique et la fin du trafic de drogue. Les négociateurs entrent désormais dans une phase délicate puisqu'ils doivent aborder les questions épineuses de la démobilisation des rebelles et de l'indemnisation des victimes du conflit. "Les mois à venir seront décisifs (...) Ce n'est ni plus ni moins qu'un scénario de maintenant ou jamais", disent les Farc. "Nous voulons surmonter ces épisodes inutiles de sang versé." (Nicolas Delame et Bertrand Boucey pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant