Les fantômes et les espoirs du cinéma birman

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« Mya Ga Naing » (« La Jungle d'émeraude »), long-métrage muet de 1934, réalisé par Tin Maung.
« Mya Ga Naing » (« La Jungle d'émeraude »), long-métrage muet de 1934, réalisé par Tin Maung.

Le festival Memory ! jette un pont entre le patrimoine effacé par le régime militaire et un jeune cinéma bridé par la censure.

Chaque pays, chaque territoire possède ses idiosyncrasies cinématographiques. Au Myanmar (ex-Birmanie), elles sont spectaculaires : le pays produit chaque année autant de longs-métrages qu’il y a de salles en activité (une quarantaine), ce qui provoque des embouteillages dans le calendrier des sorties ; la loi interdit le doublage et le sous-titrage des films étrangers, ce qui fait du public birman l’un des plus imaginatifs ; enfin, si un film n’a pas eu le temps d’être remonté conformément aux exigences de la censure, un représentant de l’administration s’installe dans la cabine de projection et place son doigt devant l’objectif quand une image litigieuse menace d’apparaître.

Ces singularités ont contribué au succès de la deuxième édition du festival Memory ! organisée à Yangon (ex-Rangoun), du 4 au– novembre. Invention de deux Français, Séverine Wemaere et Gilles Duval, la manifestation a fait ses premiers pas au Cambodge avant d’atterrir au Myanmar en 2015. Dans les deux pays, il s’agit de renouer les liens avec un passé cinématographique dont le souvenir avait été éradiqué par la tragédie – des décennies de régime militaire ubuesque dans le cas du Myanmar.

« Mya Ga Naing » a été restauré au laboratoire L’Immagine Ritrovata de Bologne, une première pour un film birman Les organisateurs avaient convaincu l’actrice Catherine Deneuve, les cinéastes Michel Hazanavicius, Pascale Ferran et le jeune réalisateur franco-khmer Davy Chou d’être de la partie, si bien que la soir...

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