Les familles des otages au Sahel sortent du silence

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NANTES (Reuters) - Une soixantaine de personnes se sont rassemblées samedi après-midi à Nantes pour "rendre visibles aux yeux de l'opinion publique" quatre otages français retenus au Sahel depuis deux ans par le groupe Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Quatre bougies aux noms de Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Furrer ont été allumées sous la pluie, lors de cette manifestation appelée à se répéter tous les mois.

Leurs familles ont lancé une pétition sur internet "pour une annonce quotidienne de la situation des otages français dans les journaux télévisés", qui a recueilli à ce jour 2.700 signatures.

Des banderoles permanentes ont été déployées sur les façades de la mairie de Nantes, du Conseil général de Loire-Atlantique et du Conseil régional des Pays de la Loire.

"Au début, ce qui nous était conseillé par le Quai d'Orsay, c'était de ne pas communiquer, d'être discrets", explique Alain Legrand, père de Pierre Legrand, originaire de Couffé, en Loire-Atlantique. "Donc on n'a rien dit. Mais au bout de deux ans on se rend compte que c'est trop long. Cela n'a pas porté ses fruits : cela fera 750 jours demain qu'ils sont retenus en otage."

Les quatre otages font partie des sept personnes, dont cinq Français, pour la plupart des collaborateurs des groupes Areva et Satom, une filiale de Vinci, enlevées le 16 septembre 2010 dans le nord du Niger, à Arlit, un site d'extraction d'uranium.

Trois de ces personnes - une femme, Françoise Larribe, épouse de Daniel Larribe, un ressortissant malgache et un togolais - ont été libérées.

Les familles des quatre derniers otages ne veulent pas penser aux possibles répercussions sur leur vie d'une éventuelle intervention militaire soutenue par la France au Mali.

"Peut-être que si je vous avais parlé il y a deux ans, le discours aurait été autre. Mais aujourd'hui, après deux ans, on est plutôt confiants et sereins", a déclaré Michel Laur, oncle maternel de Pierre Legrand. "Les ravisseurs les ont gardés en vie pendant deux ans, ce n'est pas pour rien."

"La diplomatie française travaille déjà depuis deux ans sur le dossier, ce sont des gens qui savent ce qu'ils font", a-t-il ajouté.

Dans un message diffusé en septembre, les ravisseurs ont accusé les dirigeants français de ne pas "s'attaquer aux causes réelles qui ont fait que les intérêts de la France sont menacés par les moudjahidine".

Au lieu de "corriger les erreurs" que sont "l'occupation de terres musulmanes et la lutte contre l'Islam et son peuple", écrivaient-ils dans ce message, "nous les avons vus récemment aggraver les choses (...) et appeler à envahir les terres musulmanes au Mali".

Officiellement, la France est prête à apporter un appui logistique à une initiative africaine sous mandat international.

Guillaume Frouin, édité par Emmanuel Jarry

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