Les exportations d'armes, bénédiction pour l'économie française-étude

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* Plus de 40.000 emplois générés, déficit commercial amoindri * L'innovation technologique bénéficie des exportations * Inquiétudes sur le Mistral, sur la crédibilité de la France par Marine Pennetier BORDEAUX, 8 septembre (Reuters) - Les exportations françaises d'armement soulagent le déficit de la balance commerciale et génèrent plus de 40.000 emplois en France, selon une étude publiée mardi sur fond de débat sur la livraison de navires Mistral à la Russie. A l'heure où certains observateurs pointent le risque d'une telle annulation pour la crédibilité de la France, engagée dans des négociations avec l'Inde sur la vente de Rafale, cette étude lève le voile sur les bénéfices sociaux, économiques et technologiques des exportations au niveau national. En France, les prises de commande à l'exportation des groupes d'armements français ont progressé de 43% l'an dernier, pour atteindre 6,87 milliards d'euros, soit 30% de plus que la moyenne 2002-2012, permettant à Paris de se maintenir au quatrième rang mondial des exportateurs d'armes derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Russie. Le ministère de la Défense espère atteindre l'objectif de 7 milliards d'euros d'exportations en 2014. "Sans les exportations d'armement, le déficit commercial de la France aurait été 5 à 8 points plus élevé chaque année sur la période 2008-2013", peut-on lire dans l'étude commandée par le ministère de la Défense et le Conseil des industries de défense françaises (Cidef). Sur le plan social, les exportations de défense représentent plus de 40.000 emplois, soit 25% des emplois de la base industrielle et technologique de défense, concentrés autour de sept grands bassins d'activité : Ile-de-France, PACA, Bretagne, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Centre et Rhône-Alpes. Outre l'impact positif au niveau social et économique, les exportations drainent également des innovations technologiques qui bénéficient aux programme nationaux, à l'image du sous-marin Scorpène, fabriqué par DCNS et "vendu à plusieurs pays étrangers ces dernières années et qui a permis d'améliorer nos technologies en hydrodynamique, discrétion acoustique et propulsion", souligne-t-on au ministère de la Défense. RELAIS DE PRODUCTION Dans un contexte d'économies budgétaires en France, les exportations permettent également un relais de production qui permet d'assurer la continuité de l'activité, indique l'étude. "Dans certains secteurs, notamment dans celui des missiles, nous ne serions pas capables avec nos seules commandes nationales d'entretenir tout l'écosystème de la production", souligne-t-on au ministère. "L'exportation de défense pour une société comme MBDA doit représenter plus de la moitié de son chiffre d'affaires", ajoute-t-on. "C'est une sorte de cercle vertueux : on leur permet de développer des produits extrêmement compétitifs et qui leur permettent de gagner des marchés à l'export et c'est parce qu'ils gagnent des marchés à l'export que du coup ils entretiennent des chaînes de production qui abaissent nos propres coûts de production et prennent le relais d'une commande nationale qui est parfois erratique ou perturbée par des décisions budgétaires." La publication de cette étude, dont les résultats doivent être présentés mardi par Jean-Yves Le Drian lors de l'université de la Défense à Bordeaux, survient une semaine après les doutes exprimés par l'Elysée sur la livraison prévue à l'automne du premier des deux porte-hélicoptères (ou Bâtiment de projection et de commandement) de type Mistral à la Russie. Conclu en 2011 par Nicolas Sarkozy, ce contrat d'1,2 milliard d'euros prévoit la livraison de deux Mistral. François Hollande a annoncé mercredi dernier la suspension de la livraison du premier navire avant de préciser le lendemain que le contrat n'était ni rompu, ni suspendu, et que la livraison, prévue fin octobre-début novembre, dépendrait de l'évolution de la situation en Ukraine. L'annonce a suscité l'inquiétude des syndicats des chantiers navals STX qui redoutent déjà l'arrêt de la construction du second Mistral commandé par la Russie et dont la livraison devait intervenir en 2015. La décision finale de la France dans ce dossier devrait être observée de près par l'Inde qui négocie avec Paris l'achat de 126 avions de chasse Rafale pour un montant de 15 milliards d'euros, ce qui serait le premier contrat à l'export. (Edité par Yves Clarisse)

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  • LeRaleur le lundi 8 sept 2014 à 19:07

    Mais avec les Mistral, ça risque de changer.

  • M7097610 le lundi 8 sept 2014 à 18:52

    beau lobbying pour une activité qui en a besoin pour se remonter le moral ? 4 pays du conseil de sécurité ONU pour la paix mais qui exportent la guerre chez les autres... hypocrites.