Les experts sur la sellette au procès Bettencourt

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LES EXPERTS SUR LA SELLETTE AU PROCÈS BETTENCOURT
LES EXPERTS SUR LA SELLETTE AU PROCÈS BETTENCOURT

BORDEAUX (Reuters) - Les auteurs d'un rapport médical établissant l'état de faiblesse de Liliane Bettencourt depuis septembre 2006 ont été contestés lundi lors du procès concernant les abus de faiblesse dont aurait été victime l'héritière de L'Oréal.

Les débats ont porté essentiellement sur les conditions dans lesquelles l'expertise a été réalisée et sur les liens entre la coordinatrice de l'expertise, Sophie Gromb, et le juge d'instruction du dossier, Jean-Michel Gentil.

Les cinq experts ont détaillé par le menu l'examen de Liliane Bettencourt le 7 juin 2011 à son domicile de Neuilly en présence du juge d'instruction qui les avait mandatés et de l'infirmier de la milliardaire.

Ils ont décrit une femme de 88 ans qui ne se souvenait pas de son âge et se croyait en Suisse, une patiente atteinte d'une "perte profonde de perception" notamment en raison d'une surdité sévère, l'un d'entre eux la qualifiant même de "coquille vide".

Ils ont relevé qu'elle souffrait d'une "maladie dégénérative cérébrale", de "troubles de la mémoire" entraînant des "troubles du jugement" conduisant à un "état de vulnérabilité certain".

Pour autant les avocats du photographe François-Marie Banier et de Patrice de Maistre, l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, ont tenté de remettre en cause la "rigueur intellectuelle" des cinq experts.

Ils leur ont reproché notamment d'avoir choisi les rapports médicaux précédents sur lesquels bâtir l'expertise et ont contesté la datation de l'état de vulnérabilité, fixée à septembre 2006 par les experts, soit cinq ans auparavant.

Un neuropsychiatre et un neurologue auxquels la défense avait fait appel pour examiner le travail des experts et les documents médicaux précédents ont contesté l'antériorité de l'état de faiblesse de Liliane Bettencourt.

"Les capacités décisionnelles ont été altérées très certainement en décembre 2010 mais avant, certainement pas", a affirmé le professeur Michel Poncet. "Elle avait des difficultés à imprimer les faits récents mais en aucun cas elle n'avait un trouble du jugement", a dit le professeur Bernard Laurent en se référant à un rapport médical de février 2009 du neuropsychiatre Hubert Rémy, décédé depuis.

Outre François-Marie Banier et Patrice de Maistre, huit prévenus comparaissent depuis trois semaines devant le tribunal correctionnel de Bordeaux parmi lesquels l'ancien ministre UMP Eric Woerth, l'homme d'affaires des médias et des paris en ligne Stéphane Courbit et l'avocat Pascal Wilhelm. La fin du procès est prévue le 26 février.

(Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)

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  • M6695204 le lundi 16 fév 2015 à 19:56

    Précision:l'expertise de Mme Bettancour a eu lieu le matin a H U I T Heur!!!!Pour une personne de son age,c'est juste monstrueux comme les journalistes de bourso qui évite de citer cet élément di dossier.Cherchez la rigueur intellectuelle des journalistes dans les siphon des lieux d'aisance mais pas dans leur écris