Les expats français installés à Londres vont-ils rentrer au bercail ?

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Depuis le vote du Brexit, certaines tensions ont été constatées sur le marché immobilier parisien - notamment sur le luxe - et laissent à penser que certains expats pourraient rentrer en France. Une «blague», pour certains.

Le «home sweet home» londonien des expatriés français n’est plus si «sweet» que cela... Quelques jours après le vote du Brexit par référendum, certains professionnels de l’immobilier français constatent déjà quelques frémissements du côté des expatriés... notamment sur le marché de l’immobilier de luxe, à Paris. Et ces signaux ils les perçoivent déjà depuis plusieurs semaines. «Un mois avant le référendum, nous avions observé sur notre site une forte poussée des recherches et demandes en provenance de Londres», explique Laurent Demeure, président du réseau Coldwell Banker en France.

Même son de cloche du côté du groupe Daniel Féau. Son président, Charles-Marie Jottras, a notamment expliqué aux Échos que l’intérêt des professionnels français pour l’immobilier parisien commençait à se faire sentir, notamment chez les salariés de la finance, inquiets pour leur avenir londonien. «Par ailleurs, nous avons observé ces derniers mois une augmentation sensible des acquisitions immobilières de luxe à Paris par des non-résidents fiscaux français, probablement due à la fin annoncée du régime des non-domiciliés en 2017 et peut-être aussi à cause de la perspective de la suppression de l’ISF en France», précise-t-il.

Mais ce n’est pas la seule raison qui explique les tensions sur l’immobilier de luxe. La baisse des taux, la chute des prix - baisse de 15% depuis 2011- et le sentiment que cette chute est en passe de se terminer sont également des signaux qui poussent à l’achat. Le Brexit pourrait donc encore davantage accentuer cette demande.

Une tendance qui a ses limites

Peut-on envisager un retour massif des expatriés français vers Paris dans les mois à venir, et un flux Londres-Paris à sens unique? Probablement pas. Déjà parce que l’avenir du Brexit et ses effets sont encore flous. Ensuite, Paris n’est pas la seule alternative pour ceux qui décideront de quitter Londres, qui reste malgré tout la première place financière du monde occidental. «Paris déroule le tapis rouge aux entrepreneurs et aux professionnels de la finance, mais il est jonché de cannettes de manifestants et encombré de grévistes», explique aux Échos Patrick Baesden, directeur de Barnes Investment Consulting.

«C’est une vaste blague, réagit de son côté Laurent Vimont, président de Century 21 France. «Les banquiers de la City ont vraiment d’autres chats à fouetter que de se préoccuper du logement en France et à Paris. Non seulement il ne risque pas d’y avoir de wagons d’acheteurs rentrant vers Paris, mais surtout, il est bien trop tôt pour avoir un avis éclairé sur le sujet.» Il faut donc raison garder. Et ne pas tirer de conclusions hâtives. «Qui aujourd’hui est capable de deviner les réelles conséquences du Brexit sur le marché immobilier? Personne!», explique au Figaro Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers.

«Il est possible qu‘une poignée de personnes surréagissent, et passent des coups de téléphone aux réseaux immobiliers parisiens pour se renseigner. Mais de là à franchir le pas, c’est une autre histoire, précise-t-il. L’effet va probablement s’estomper aussi vite qu’il est apparu.»

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