Les ex-otages français de Boko Haram de retour en France

le
0
ARRIVÉE À PARIS DE LA FAMILLE DE SEPT FRANÇAIS OTAGES AU CAMEROUN
ARRIVÉE À PARIS DE LA FAMILLE DE SEPT FRANÇAIS OTAGES AU CAMEROUN

PARIS (Reuters) - Les sept Français pris en otage dans le nord du Cameroun et libérés vendredi après deux mois de captivité au Nigeria voisin sont arrivés samedi en France, où ils ont été accueillis par François Hollande qui a salué une victoire "de la vie".

Les conditions de la libération de cette famille de trois adultes et de quatre enfants n'ont pas été rendues publiques et le chef de l'Etat français, comme Tanguy Moulin-Fournier, le père de famille, n'ont fait samedi matin qu'une déclaration axée sur l'émotion du retour en France.

"Je n'ai appris qu'hier la chaîne de solidarité en place pour notre libération", a déclaré Tanguy Moulin-Fournier à son arrivée à l'aéroport d'Orly, près de Paris. "C'est très beau que la France puisse se réunir de cette manière."

"Bienvenue ici chez vous en France. La vie, c'est ce qu'il y a de plus fort, de plus beau. Et aujourd'hui, c'est la vie qui a gagné", lui a dit François Hollande.

Avant de quitter Orly, une heure après y être arrivé, Tanguy Moulin-Fournier a parlé de son souhait de retourner vivre dès que possible au Cameroun, "un très beau pays où on se plaît beaucoup".

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, s'était rendu à Yaoundé dans la soirée de vendredi pour les ramener. Il était accompagné de Gérard Mestrallet, PDG du groupe GDF-Suez, pour qui travaille Tanguy Moulin-Fournier, et d'une équipe médicale.

François Hollande, qui avait auparavant exprimé son "immense soulagement", a affirmé qu'aucune rançon n'avait été versée, conformément à la doctrine que Paris avait énoncée en février.

Selon Le Monde, qui cite dans son édition de dimanche-lundi un membre de la communauté du renseignement français, les ravisseurs ont, en revanche, obtenu la libération "d'une petite dizaine de personnes détenues dans les prisons camerounaises et nigérianes".

Les sept Français avaient été enlevés le 19 février lors d'une excursion dans la réserve de Waza, dans le nord du Cameroun, près du Nigeria où, selon les autorités camerounaises, ils avaient été transférés par leurs ravisseurs.

"ILS CHERCHAIENT À NOUS REMPLUMER"

Au terme de leur première journée sur le sol français, les anciens otages, qui ont dit ne "pas vraiment réaliser ce qui se passe", ont décrit leurs conditions de détention sur le plateau de France 2.

"On a eu des moments très durs, mais vraiment très durs physiquement", a dit Albane Moulin-Fournier, la mère de famille.

Elle et son mari ont dit avoir tenu grâce à leur foi chrétienne, mais aussi à leurs enfants, qui "vont très bien", a souligné Albane.

"Ils ont très bien résisté, ils n'ont pas pleuré, ils n'ont pas fait de cauchemars", a-t-elle dit. "Ils étaient des enfants, qui jouent avec ce qu'ils trouvent, des morceaux de bois, une boîte de sardines vide."

Tanguy Moulin-Fournier a précisé qu'ils avaient été retenus en deux endroits, d'abord "sous une bâche, sous les ronces", pendant trois semaines, puis dans "une sorte de clairière", sous "un arbre protecteur".

Deux à quatre fois par jour, ils parlaient avec leurs ravisseurs pour négocier de l'eau, a-t-il indiqué. Quelques jours avant leur libération, plusieurs signes leur ont fait sentir que quelque chose se passait, a-t-il ajouté.

"On a eu quelques mots qui nous ont été dits, et puis on a commencé à nous donner quelques fruits, il y a des oeufs qui sont arrivés, donc ils cherchaient à nous remplumer avant de nous renvoyer", a-t-il dit.

François Hollande, qui a remercié les autorités camerounaises et nigérianes, a rappelé vendredi que huit autres ressortissants français restaient détenus au Sahel.

HOLLANDE PARLE DE "CONTACTS"

"C'est un immense soulagement qui nous rend encore plus déterminés pour libérer les otages qui sont encore détenus", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn.

Tanguy Moulin-Fournier a dit "penser terriblement à eux et à leurs familles". "On sait à quel point c'est dur, atroce, mais l'espoir, il faut le garder", a-t-il dit sur France 2.

Le chef de l'Etat a précisé que des "contacts" avaient été noués ces dernières semaines en coopération avec les autorités camerounaises et nigérianes.

Dans les jours qui avaient suivi l'enlèvement, Paris avait envoyé au Cameroun des militaires chargés de participer à l'enquête et aux recherches.

Le groupe islamiste nigérian Boko Haram avait revendiqué l'enlèvement le 25 février et réclamait, en échange de leur libération, celle de femmes et d'enfants membres de l'organisation détenus dans les prisons nigérianes et camerounaises.

A la mi-mars, dans un enregistrement sonore, Tanguy Moulin-Fournier avait demandé à l'ambassadeur de France et au président camerounais Paul Biya, de "tout mettre en oeuvre" pour qu'une solution soit trouvée.

Dans une vidéo postée le 25 février sur YouTube, l'un des ravisseurs s'exprimant en arabe menaçait de tuer les otages français si les revendications du groupe n'étaient pas satisfaites.

Tansa Musa, Patrick Vignal, Gérard Bon, Elizabeth Pineau, Marion Douet, Jean-Philippe Lefief, Tangi Salaün et Chine Labbé, avec Pauline Mével et Morade Azzouz à Orly

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant