Les évadés de Moulins jugés devant les assises du Rhône

le
0
LES ÉVADÉS DE MOULINS DEVANT LA COUR D'ASSISES DU RHÔNE
LES ÉVADÉS DE MOULINS DEVANT LA COUR D'ASSISES DU RHÔNE

LYON (Reuters) - Les auteurs d'une évasion spectaculaire en février 2009 à la centrale de Moulins-Yzeure (Allier) sont jugés à partir de mardi devant la cour d'assises du Rhône, à Lyon, sous haute protection policière.

Les deux principaux accusés, Christophe Khider, 41 ans et El Hadj Omar Top, 34 ans, coutumiers des tentatives d'évasion, sont classés parmi les détenus les plus dangereux ce France.

A leurs côtés, trois personnes sont poursuivies pour complicité: leurs compagnes présentes le jour de l'évasion au parloir, ainsi qu'Eugène Baeb, un codétenu soupçonné d'avoir facilité leur départ de la centrale.

Se tiendront face à eux pas moins de 28 victimes, surveillants, policiers ou automobilistes croisés pendant leur cavale.

Le 15 février 2009, jour de parloir à la centrale de Moulins-Yzeure, Khider et Omar Top se trouvent face à leurs compagnes, au milieu d'une vingtaine de détenus et d'une quarantaine de visiteurs.

Soudain, les deux hommes, armés d'un couteau et d'une arme à feu, prennent deux surveillants en otage et parviennent à sortir de l'établissement en faisant sauter deux portes à l'explosif.

Sur le parking de la prison, ils volent une voiture et se lancent sur les routes avec leurs otages. Le plan Epervier est alors déclenché, deux hélicoptères sont mobilisés et des barrages de gendarmerie sont installés dans toute la région.

Dans leur fuite, Khider et Omar Top provoquent plusieurs collisions, finissent par libérer les surveillants, avant de prendre deux nouveaux otages, un automobiliste et son petit-fils qui seront un peu plus tard relâchés.

"CONDAMNÉ À VIVRE"

Ce n'est que le lendemain matin, au petit jour, que les fuyards sont repérés à Fontenay-sous-Bois, près de Paris. Leur course se termine dans un tunnel avec des échanges de tirs. Khider est alors grièvement blessé au thorax.

Les évadés risquent aujourd'hui la réclusion criminelle à perpétuité.

Christophe Khider avait déjà été condamné en 1999 à perpétuité pour une attaque à main armée sanglante, puis à nouveau en 2001 pour une tentative d'évasion à la prison de Fresnes. Il n'est libérable qu'en 2045.

El Hadj Omar Top, condamné pour un vol à main armée au cours duquel il avait blessé un policier, est libérable de son côté en 2020.

Il a publié en novembre dernier un livre, "Condamné à vivre", dans lequel il raconte son quotidien carcéral, ses tentatives d'évasion, ses mises à l'isolement, mais aussi sa licence de mathématique passée en cellule et son histoire d'amour avec sa visiteuse de prison.

Accusé d'avoir facilité leur évasion, Eugène Baeb, un codétenu lui aussi lié au grand banditisme, nie les faits qui lui sont reprochés.

Il est accusé d'avoir décroché l'arme scotchée dans le dos d'une des visiteuses. "S'il avait voulu partir ce jour-là, il aurait pu le faire, mais il n'est pas parti", plaide son avocat, Me David Metaxas qui a l'intention de demander son acquittement.

Catherine Lagrange, édité par Gérard Bon

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant