Les Européens pressent les Britanniques d'engager le "Brexit"

le
3
    * Cameron espère une issue constructive 
    * Hollande estime que le peuple britannique a parlé 
    * Des scénarios alternatifs commencent à émerger 
 
    BRUXELLES, 28 juin (Reuters) - Les dirigeants européens 
réunis mardi à Bruxelles ont pressé les Britanniques d'engager 
la procédure de sortie de l'Union européenne sans tergiverser, 
après le vote en faveur du "Brexit" exprimé par leur peuple lors 
du référendum de jeudi dernier. 
    Seul le gouvernement britannique peut invoquer l'article 50 
du traité de Lisbonne formalisant ce retrait, ce qui ouvrira une 
négociation d'une durée pouvant aller jusqu'à deux ans pour 
organiser la sortie du pays de l'Union. 
    Le Premier ministre britannique, David Cameron, a réaffirmé 
lundi qu'il laisserait à son successeur, qui sera désigné en 
septembre, le soin d'enclencher le processus de sortie. 
    "La Grande-Bretagne quittera l'Union européenne, mais je 
souhaite que le processus qui y mène soit aussi constructif que 
possible ; j'espère aussi que l'issue pourra être elle aussi 
constructive que possible", a-t-il déclaré mardi à Bruxelles. 
    François Hollande a dit à son arrivée au Conseil européen 
qu'"il faut engager le plus vite possible la procédure de sortie 
du Royaume-Uni de l'Union européenne et ensuite engager les 
négociations qui suivront". 
    Pour y parvenir, les Européens doivent faire preuve de 
"conviction", a-t-il ajouté, en estimant que "la position de la 
France, je n'en doute pas, sera la position qui sera retenue au 
niveau de l'Union européenne". 
    "Je n'imagine pas un gouvernement britannique quel qu'il 
soit ne pas respecter le choix de son propre peuple", a 
poursuivi le président français.  
    Quitter l'Union européenne, "c'est douloureux, notamment au 
Royaume-Uni (...) mais lorsque le peuple vote, où que ce soit, 
dans la démocratie, il faut respecter les choix et respecter le 
suffrage universel", a-t-il ajouté. 
     
    UN DÉLAI QUI INQUIÈTE 
    Le délai imposé par David Cameron inquiète des pays comme la 
France et les institutions européennes, qui craignent la 
prolongation de la période d'incertitude, d'autant plus que des 
scénarios alternatifs commencent à naître. 
    Jeremy Hunt, ministre britannique de la Santé et possible 
candidat à la succession de David Cameron, a évoqué un deuxième 
référendum sur l'appartenance à l'Union si Bruxelles autorise la 
Grande-Bretagne à contrôler totalement ses frontières. 
    "Aussi, avant de lancer le compte à rebours, nous devons 
négocier un accord et le soumettre au peuple britannique, soit 
avec un référendum, soit à travers le programme conservateur 
dans le cadre d'élections générales", a-t-il expliqué. 
    Angela Merkel a assuré à son arrivée au Conseil "qu'il n'y 
aurait pas de discussions formelles ou informelles avant que la 
Grande-Bretagne ait déclenché l'article 50". 
    Cette position a été affirmée par les dirigeants de la 
France, de l'Allemagne et de l'Italie lundi à Berlin. 
    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui déclaré 
que "l'Europe est prête à commencer la procédure de divorce dès 
aujourd'hui, sans enthousiasme comme vous pouvez l'imaginer, ce 
n'est pas le scénario dont nous rêvions". 
    La France, l'Allemagne et l'Italie - pays fondateurs de la 
Communauté européenne et les plus peuplés - sont également 
convenus lundi de la nécessité de relancer l'UE dans le domaines 
de la sécurité, de la croissance, ainsi que de l'harmonisation 
fiscale et sociale dans la zone euro. 
    "Nous proposerons demain aux chefs d'Etat et de gouvernement 
et aux institutions européennes de lancer un processus, selon un 
calendrier strict et un ensemble précis d'engagements", ont-ils 
annoncé dans une déclaration commune, qui évoque un sommet des 
Vingt-Sept en septembre pour adopter des projets. 
     
    ENCADRE L'article 50, pomme de discorde du Brexit 
        
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec le bureau européen de Reuters, édité 
par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • bernm il y a 12 mois

    "Je n'imagine pas un gouvernement britannique quel qu'il soit ne pas respecter le choix de son propre peuple", a poursuivi le président français.Par contre, un gouvernement francais, pas de problemes...

  • frk987 il y a 12 mois

    Vous avez des principes Mlaure13, c'est bien mais totalement irréaliste quand des milliards sont en jeu.

  • frk987 il y a 12 mois

    On verra d'abord un nouveau premier ministre, puis on verra un second referendum....tout ça va prendre beaucoup de temps pour revenir à la case départ.