Les Européens étudient de nouvelles sanctions contre Moscou

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L'UE RÉFLÉCHIT À DE NOUVELLES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE
L'UE RÉFLÉCHIT À DE NOUVELLES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE

par Justyna Pawlak et Adrian Croft

LUXEMBOURG (Reuters) - L'Union européenne a menacé lundi de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie pour ses actions en Ukraine, pays que Londres estime être la cible d'une entreprise de déstabilisation de la part de Moscou.

La crise ukrainienne a occupé la majeure partie des discussions lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg après la menace brandie par le nouveau gouvernement de Kiev d'utiliser la force armée contre les séparatistes pro-russes qui occupent des bâtiments officiels dans plusieurs villes de l'est du pays.

Pour le Britannique William Hague, il ne fait aucun doute que le Kremlin tire les ficelles de cette agitation afin de déstabiliser l'Ukraine.

"Je ne pense pas que les démentis au sujet de l'implication russe aient la moindre crédibilité", a-t-il dit devant la presse, ajoutant que les Européens devaient maintenant discuter des noms à ajouter à la liste de 33 personnalités russes et ukrainiennes interdites de visa et dont les avoirs en Europe ont été gelés.

Son homologue polonais, Radoslaw Sikorski, a précisé que l'Union européenne devait maintenant se mettre d'accord sur l'élargissement de cette liste.

"L'UE doit clairement faire savoir à la Russie quelles sont les conséquences de toute nouvelle action dans l'est de l'Ukraine", a-t-il dit. "J'espère un signal très clair sur les sanctions que nous pouvons attendre si la Russie prend de nouvelles mesures", a-t-il poursuivi.

D'autres gouvernements européens se sont montrés plus prudents, insistant sur les craintes qui s'expriment dans plusieurs régions d'Europe de se mettre à dos une puissance énergétique comme la Russie.

Ces gouvernements comptent avant tout sur les négociations à quatre prévues à Genève jeudi entre les Etats-Unis, la Russie, l'Union européenne et l'Ukraine.

L'Allemagne espère que ce tour de table pourra apaiser les esprits même si Berlin rappelle que toutes les options demeurent sur la table.

MISSION DE FORMATION DE LA POLICE

Outre une interdiction de visa et un gel des avoirs de certaines personnalités, les Européens pourraient décider de mesures plus draconiennes comme des restrictions sur les relations commerciales et financières avec la Russie.

Le Suédois Carl Bildt a estimé qu'il convenait d'attendre la rencontre de jeudi à Genève avant d'aller plus loin dans les mesures de rétorsion.

"Nous avons la réunion de Genève qui arrive et cela constitue pour la Russie une occasion d'entamer la désescalade", a dit Carl Bildt. "S'ils poursuivent l'escalade, je pense que nous devrons faire de même".

Pour le Luxembourgeois Jean Asselborn, les sanctions ne résoudront pas le problème. "Notre priorité aujourd'hui est de tout faire pour que cette conférence ait lieu jeudi et qu'elle ait lieu dans une atmosphère calme".

Les ministres ont approuvé certaines mesures pour aider l'Ukraine à faire face à sa grave crise économique, dont une aide de 500 millions d'euros par la levée de droits de douane sur un éventail de produits agricoles et textiles ainsi que sur d'autres importations.

Quatre ressortissants ukrainiens ont été ajoutés sur la liste des personnes visées par les sanctions pour détournement de fonds publics.

Les ministres des Affaires étrangères ont également évoqué la possibilité d'une mission afin d'entraîner la police et les services de sécurité en Ukraine, une mesure proposée par la Grande-Bretagne, la Suède et la Pologne et soutenue par l'Allemagne.

Une telle mission, de nature à mécontenter Moscou, viserait à remettre sur pied la police et l'administration judiciaire afin de les aider à lutter contre les violences.

Cela constituerait en outre un premier pas vers la mise en oeuvre d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne. "Il est important de montrer qu'il n'y aura pas de reconnaissance d'une annexion en douce", a commenté un diplomate.

(Pierre Sérisier pour le service français)

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  • ZvR le lundi 14 avr 2014 à 17:15

    La situation est complexe mais le plus probable est qu'occidentaux et russes sont d'accord pour un partage du pays mais il faut un show médiatique à usage de propagande interne de chaque côté. Européens et ukrainiens seront les dindons de la farce et paieront la facture.

  • roeli1 le lundi 14 avr 2014 à 17:08

    Jusqu'à preuve du contraire, le gouvernement ukrainien actuel n'a pas été élu démocratiquement. Je me trompe ?

  • xaavidf le lundi 14 avr 2014 à 16:58

    on peut compter sur le britanniques et les allemands pour assurer leurs intérêts...Tant que Poutine n'envahira pas directement l'Ukraine (et encore...), ces 2 pays s'opposeront à des sanctions trop fortes contre Moscou.

  • alvaro71 le lundi 14 avr 2014 à 16:58

    bigot8 honte à vous de tenir ce genre de propos. Vous vivez d

  • bigot8 le lundi 14 avr 2014 à 16:45

    laissons les s entretuer la population mondiale est trop grande :-)) comme partout on se mele de tout et rien n abouti positivement

  • a.rosa le lundi 14 avr 2014 à 16:37

    Que font des groupes du FSB et de la garde des frontières Russes à l'est de l'Ukraine ?Les hommes en treillis sans insignes avec des armes neuve et sophistiqué...comme en crimé...qui n'ont pas le meme accent Russe que les Ukrainiens de l'est...Moscou va nous faire croire que ce sont des coiffeurs ou postier qui on monter un groupe d'autodefense ?? mais allo quoi...

  • a.rosa le lundi 14 avr 2014 à 16:32

    L'est de L'Ukraine n'est pas la Crimée...Elle a toujours fait parti intégrante du pays...Les gens demande un peu plus de considération pour la langue Russe...mais la propagande de Moscou traitant de fachiste ou antisémite le pouvoir de Kiev est déplorable. On joue sur la faiblesse et la peur des gens...La classe ouvriere n'a pas la culture des gens de la ville

  • cavalair le lundi 14 avr 2014 à 16:18

    Poutine a eu raison. Il faudrait arreter de fair c..hi.er les russes

  • M1049161 le lundi 14 avr 2014 à 16:01

    Tant que certains des européens réagiront en fonction de leurs interets propres, et de la crainte de voir l'approvisionnement gaz perturbé, Poutine pourra faire ce qu'il veut.