Les Européens appelés à imposer des sanctions contre l'Ukraine

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LES EUROPÉENS APPELÉS À IMPOSER DES SANCTIONS CONTRE L'UKRAINE
LES EUROPÉENS APPELÉS À IMPOSER DES SANCTIONS CONTRE L'UKRAINE

PARIS/BRUXELLES (Reuters) - Les ministres européens des Affaires étrangères de l'Union européenne, qui tiennent jeudi une réunion d'urgence sur la situation en Ukraine, sont appelés à adopter des sanctions contre les responsables de la répression.

De violents affrontements ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi lors de l'assaut lancé par les forces spéciales contre les manifestants de l'opposition réunis sur le Maïdan, la place de l'Indépendance à Kiev, faisant au moins 25 morts, selon un bilan fourni par le gouvernement.

Face à la dégradation constatée sur le terrain, des sanctions contre les responsables des violences devraient être adoptées "d'une manière urgente" par l'UE, a dit le président de la Commission, José Manuel Barroso, dans un communiqué.

Parmi les sanctions possibles figurent le "gel des avoirs" de personnalités et des "interdictions de déplacement", à l'image des mesures prises par Bruxelles contre plusieurs responsables biélorusses après la vague de répression de 2010.

La situation en Ukraine devait largement dominer les discussions du conseil des ministres franco-allemand à l'Elysée qui se tient ce mercredi à Paris et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué que des sanctions européennes étaient envisagées par Paris et Berlin.

Le chef de l'Etat français et le Premier ministre polonais, Donald Tusk, ont déjà convenu lors d'un entretien téléphonique "de la nécessité de sanctions européennes rapides et ciblées" à l'encontre des principaux responsables des violences.

Pour Laurent Fabius, "il peut exister toute une échelle de sanctions, notamment des sanctions personnelles contre les éléments qui sont à l'origine de ces violences".

"Il faut que le plus vite possible la situation redevienne apaisée et que les uns les autres arrivent au dialogue", a-t-il ajouté.

ZONE DE CONFRONTATION

D'une ampleur inédite depuis la "révolution orange" de 2004, la crise ukrainienne a été déclenchée par la décision du président Viktor Ianoukovitch, en novembre dernier, de ne pas signer un accord de partenariat avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie.

L'adoption de sanctions marquerait un tournant pour l'UE qui s'est montrée discrète depuis le début de la crise et qui s'est contentée jusqu'à présent d'exprimer mi-janvier "sa profonde inquiétude" faute de consensus sur l'attitude à adopter.

Certains diplomates européens ont ainsi exprimé des doutes sur le bien-fondé de l'adoption de sanctions qui risqueraient selon eux de fermer définitivement la porte au dialogue et de voir le régime durcir le ton à l'égard de l'opposition.

Loin des tergiversations européennes, la Russie a promis mercredi d'utiliser son influence pour ramener la paix chez un "Etat frère" et a dénoncé des violences qui sont selon elle le fait "d'extrémistes" tentant de fomenter un coup d'Etat.

Moscou, qui reconnaît suivre avec "avec attention" les événements en cours, a appelé les dirigeants de l'opposition ukrainienne à "arrêter le bain de sang" et à renouer le dialogue avec le gouvernement de Viktor Ianoukovitch.

La présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée, Elisabeth Guigou, qui doit se rendre à Moscou mercredi, a appelé à un dialogue ferme avec la Russie.

"Mais (il faut) aussi leur faire comprendre que personne n'a intérêt, ni l'Union européenne ni la Russie, a faire de l'Ukraine une zone de confrontation et une zone de violences", a-t-elle dit sur BFM TV.

Marine Pennetier et Adrian Croft, avec service France, édité par Yves Clarisse

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