Les éthylotests retrouvent des couleurs au Conseil de sécurité routière

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Sébastien - Fotolia.com
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(AFP) - Le maintien de l'obligation d'avoir un éthylotest dans sa voiture et le retour des panneaux prévenant de la présence de radars fixes feront l'objet d'un vote mercredi au Conseil national de la sécurité routière (CNSR), organe de conseil du gouvernement.

Avec un accident mortel sur trois, l'alcool est la première cause de mortalité sur les routes, selon la Sécurité routière. Et en 2011, plus de 1.000 personnes (sur 3.963 tués) ont perdu la vie dans des accidents générés par une vitesse inadaptée.

Selon des participants au CNSR contactés par l'AFP, la commission consacrée à la vitesse, la drogue et l'alcool au volant, devrait recommander que la mesure sur les éthylotests obligatoires, sur la selette depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir, entre en vigueur.

Selon ces sources, cette commission préconise même dans ses conclusions que l'obligation soit élargie aux cyclomoteurs (deux-roues de moins de 50 cm3), qui jusque-là, n'étaient pas concernés.

Mercredi, les 52 membres de l'assemblée plénière du Conseil, composée d'élus, d'associations, d'entreprises et d'administrations, devront se prononcer sur ces recommandations qui seront ensuite soumises d'ici quelques mois au Comité interministériel de la Sécurité routière (CISR).

Interrogé par l'AFP, le président du CNSR, le député PS du Bas-Rhin Armand Jung n'a pas souhaité dévoiler les conclusions du groupe de travail, mais a confirmé que la question des éthylotests et les panneaux indicateurs de radars seraient soumis mercredi à l'approbation du CNSR.

Avant de les imposer, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui entend passer sous la barre des 2.000 morts par an d'ici 2020, a dit en novembre vouloir "être certain que l'utilité des éthylotests soit vraiment avérée". Il avait reporté fin janvier la décision "sine die", expliquant attendre les conclusions du CNSR.

En octobre, la verbalisation avait déjà été reportée, officiellement pour répondre aux difficultés d'approvisionnement.

Difficultés à estimer son alcoolémie

"Ce qui plaide en faveur du maintien de la mesure sur les éthylotests, c'est que beaucoup de gens ne savent pas estimer leur alcoolémie et surtout les hommes", a expliqué à l'AFP Jean-Pascal Assailly, chercheur à l'IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux) et expert auprès du CNSR.

L'annonce du report par le ministre de l'Intérieur avait suscité la colère des salariés de Contralco, numéro un mondial des éthylotests basée à Gignac dans l'Hérault.

L'entreprise a annoncé fin janvier une baisse drastique de ses effectifs, de 310 à 84 salariés, après l'annulation de nombreuses commandes. Mardi après-midi, les salariés ont une nouvelle fois interpellé Manuel Valls en postant sur internet, sur l'air de "La valse a mille temps", un clip intitulé "Eh Manu, tu descends!" demandant au ministre de ne plus tergiverser.

Autre mesure qui devrait être recommandée par la commission du CNSR, le retour des panneaux avertissant de la présence de radars automatiques. Depuis le deuxième semestre 2011, une partie de ces panneaux ont été retirés pour être parfois remplacés par des radars pédagogiques qui indiquent la vitesse sans sanctionner.

Le retrait de ces panneaux avait été décidé par l'ancien gouvernement. Leur retour poserait toutefois des questions sur l'interdiction des avertisseurs de radars automatiques embarqués.

Le CNSR avait été créé en 2001 pour être un lieu de débats et une instance de conseil pour le gouvernement. En sommeil depuis 2008, il a été relancé fin novembre par Manuel Valls.


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