Les Etats-Unis sont-ils si solides ? (Fidelity)

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Que faut-il penser des indicateurs mitigés qui viennent des Etats-Unis ?
Que faut-il penser des indicateurs mitigés qui viennent des Etats-Unis ?

Le dynamisme de l'économie américaine qui prévalait en fin d'année dernière semble se tasser. Indicateurs décevants, ralentissement des créations d'emplois : David Ganozzi, gérant de Fidelity Patrimoine, revient sur le sujet dans « L'hebdo des marchés » de la société de gestion Fidelity.

« Alors que le printemps financier bat son plein en Europe, les États-Unis semblent, pour leur part, entrer dans une arrière-saison » estime sans détour David Ganozzi dans son point hebdomadaire sur l'actualité des marchés.

Indicateurs décevants

Pour le gérant, cette impression a été « confortée la semaine dernière par la publication d'indicateurs laissant à penser que l'activité se tasse outre-Atlantique. Ainsi l'ISM manufacturier s'est inscrit en recul à 51,5 points sur mars, contre 52,9 le mois précédent, soit son ralentissement le plus marqué depuis vingt-deux mois ». À noter toutefois qu'en restant au-dessus des 50 points, l'indice ISM de mars traduit une progression de l'activité, certes moins rapide qu'en février, mais qui ne s'inscrit pas en recul pour autant.

« Par ailleurs, sur le front de l'emploi, les chiffres publiés vendredi n'ont fait ressortir que 126.000 nouvelles embauches mensuelles, là où le consensus en attendait 245.000 », poursuit-il.

Pas de panique pour autant

« Cette décélération de l'activité s'explique essentiellement par un effet dollar dont l'appréciation constitue à présent un frein à l'expansion de l'économie américaine. Il convient, en outre, de souligner que la période observée pâtit d'un effet saisonnier défavorable lié, depuis deux ans maintenant, à des conditions climatiques hivernales pour le moins rigoureuses ».

Pour rappel, l'hiver américain a été marqué par une violente tempête de neige cette année, provoquant un ralentissement de l'économie américaine pendant plusieurs jours.

« Faut-il pour autant voir dans ces indicateurs un retournement de tendance conjoncturelle ? Loin de là », estime David Ganozzi. « L'an dernier, malgré une contraction de 2,1% au premier trimestre, les États-Unis enregistraient une croissance de 4,6% le trimestre suivant ».

« Du reste, contrairement à l'année dernière, l'économie américaine doit maintenant composer avec un dollar fort. Et Janet Yellen, la présidente de la Fed, également », relevait-il en sous-entendant que la politique monétaire accommodante de la Fed pourrait se poursuivre plus longtemps que prévu, de manière à ne pas pénaliser excessivement l'économie du pays sur le plan international.

Les investisseurs se reportent encore et toujours sur l'Europe

« Preuve de la divergence des rythmes de croissance de part et d'autre de l'Atlantique, la zone euro, pendant ce temps-là, continue d'engranger les bonnes nouvelles. L'indice PMI manufacturier est ainsi ressorti à 52,2 en mars - contre 51,9 attendus - soit un plus haut de dix mois » poursuit David Ganozzi.

« Parallèlement, l'accélération de la reprise se traduit mécaniquement par une amélioration sur le marché du travail. Selon les derniers chiffres d'Eurostat, le taux de chômage s'est établi à 11,3% sur le mois de février - contre 11,4% le mois précédent - touchant à cette occasion un plus bas depuis mai 2012. Autant de preuves - s'il en fallait - que l'économie européenne est désormais amarrée à la reprise et concentre logiquement toute l'attention des investisseurs », concluait-il.

L'optimisme semble en effet toujours de mise sur les marchés européens cette semaine, le CAC40 ayant de nouveau dépassé son plus haut annuel mardi 7 avril en clôturant au-dessus des 5150 ppoints.

X. Bargue

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  • M9581285 le samedi 11 avr 2015 à 17:23

    bravo ! c'est excellent

  • M9581285 le samedi 11 avr 2015 à 17:22

    Les ETATS UNIS son un colosse au pied d'argile, et c'est tant mieux: car ils veulent être les premiers en tout et sur tout....Mais malgré leurs tentaculaires emprises et leurs lobbyistes chevronnés, espérons qu'ils ne vont pas "nous bouffer tout cru" le gâteau international était pour eux sans partage ; Dieu merci il y a maintenant l'Asie et bientôt l'Afrique qui veulent leur part (à juste titre !) après l'Amérique du Sud qui à bien du mal à se faire entendre sur nos places

  • doussine le mercredi 8 avr 2015 à 11:28

    c est juste la confirmation que les cycle économiques sont de plus en plus cours...

  • pascalcs le mercredi 8 avr 2015 à 11:15

    La fable est-elle en train de perdre son auditoire shoote au petit lait de la reprise?

  • pascalcs le mercredi 8 avr 2015 à 11:14

    Et nouvelle révision fin Mars de la croissance US avec le modele econometrique de la Fed d'Atlanta . C'est desormais croissance 0 pour les US en glissement annuel. QE 4 en vue...Sinon gare aux actions.

  • le-dabe le mercredi 8 avr 2015 à 10:49

    L'inverse est vrai aussi, on peut parler de reprise européenne artificielle dû à la baisse de l'euro et du baril.Les USA étant devenu exportateur de pétrole, la baisse du baril est trop forte pour vendre leur schiste.D'autre part l'hiver fût très rude avec du froid polaire, des tempête de neige, des tornades, rien avoir avec 2cm de neige pendant 3 jours qui paralysent un pays.Et n'oubliez jamais que si la FED doit intervenir pour baisser le dollars, ils le feront et ça ira vite.

  • GR207 le mercredi 8 avr 2015 à 10:20

    ../.. Tout ça pour bien montrer l'aspect artificiel de la soit-disant reprise américaine. Exactement ce que dit O. Delamarche depuis 2 ans.

  • GR207 le mercredi 8 avr 2015 à 10:19

    ../..D’autres indices illustrent le ralentissement américain : les dépenses de consommation en février ont à peine progressé, tandis que l’expansion en mars dans le secteur manufacturier est retombée à son rythme le plus modeste depuis près de deux ans. Certains économistes, comme ceux de la banque JP Morgan, ne voient même plus la croissance atteindre 1 % en rythme annuel au premier ­trimestre. P.-Y. DUGUA ../..

  • GR207 le mercredi 8 avr 2015 à 10:18

    ../..En Europe, l’euro en a regagné près de 1 % pour tutoyer à nouveau 1,10 dollar. En effet, le ralentissement aux États-Unis rend moins urgent l’abandon par la Réserve fédérale de sa politique de taux directeur nul. Certains voyaient la Fed relever son taux d’ici à l’été. Désormais le scénario d’un relèvement à l’automne, voire plus tard, est également crédible, ce qui rend le dollar moins attractif. ./..

  • GR207 le mercredi 8 avr 2015 à 10:17

    ../..Il faut remonter à décembre 2013 pour trouver un niveau d’embauche aussi modeste. Voilà douze mois que les créations d’emplois dépassaient toujours 200 000 unités. Tout aussi important : les estimations officielles de l’embauche de janvier et février sont révisées défavorablement. 69 000 postes de moins que l’on pensait ont été finalement créés au cours de ces deux mois../..