Les Etats-Unis se préparent à exporter leur gaz de schiste

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(Commodesk) Le développement de l'industrie du gaz de schiste provoque une abondance de l'offre aux Etats-Unis. Ce pays, encore le premier importateur mondial de gaz dans un passé récent, devrait pouvoir exporter une partie de sa production d'ici à trois ans. Pour cela, les autorités américaines doivent lever les obstacles restants.

Le premier d'entre eux sera juridique. Pour le moment, la législation ne prévoit pas d'exporter la production américaine vers un autre Etat, un changement de réglementation est donc nécessaire. Mais des élus pourraient être tentés de préserver ces barrières protectionnistes, au nom de l'indépendance énergétique des Etats-Unis. Certains pourraient même avancer le risque d'une pénurie sur le marché américain pour demander une limitation des exportations.

La production nationale a bondi de 23% depuis 2005, pour atteindre 651 milliards de mètres cubes en 2011. La consommation a également augmenté de 11% pendant la période et les exportations se sont établies à 42 milliards de mètres cubes, soit 115 millions par jour, la quasi totalité par gazoducs, à destination du Canada et du Mexique.

En attendant une décision définitive des autorités, plusieurs projets de terminaux d'exportation de GNL sont déjà dans les tuyaux. Pour le moment, un seul a été approuvé et est en cours de construction. Il s'agit de celui de Sabine Pass, en Louisiane, opéré par Cheniere Energy, qui sera pourvu d'une capacité de 74 millions de mètres cubes de gaz par jour.

Deux autres sites de Louisiane sont candidats à l'exportation de GNL, Hackberry et Lake Charles. Ce dernier, porté par Southern Union et BG Group, a déposé une demande de licence pour réexporter du gaz importé : engagé sur des contrats d'importation à long terme, les compagnies cherchent à revendre une partie du gaz qui ne trouve pas d'acheteur. Le potentiel serait de 68 millions de mètres cubes par jour, le plus important des projets à l'étude.

Au Texas voisin, deux autres projets sont en bonne voie, ceux de Freeport et de Corpus Christi, tous deux d'une capacité d'exportation de 51 millions de mètres cubes par jour. Le premier dispose déjà des infrastructures de stockage. Pour le second, qui serait opéré par Cheniere Energy, un dossier a été déposé auprès des autorités compétentes et n'attend plus qu'une validation finale.

Sur la côte Pacifique, la construction d'un terminal à Coos Bay, dans l'Oregon (nord-ouest), a été évoquée pour la première fois en 2004. Mais à cette époque, le gaz de schiste n'en était qu'à ses balbutiements aux Etats-Unis, et Jordan Cove Energy, son opérateur, demandait alors un permis... d'importation. Mais la production de gaz non conventionnel a changé la donne. Un autre site est étudié dans ce même Etat, à Astoria, mais le dossier semble au point mort depuis plusieurs années.

Enfin, un terminal d'exportation pourrait être construit dans le Maryland (est), à proximité immédiate du gisement géant de Marcellus. Il resterait à construire une usine de liquéfaction.

Les dossiers les plus avancés concernent donc des terminaux des côtes sud des Etats-Unis. Cette zone présente l'avantage d'être orienté vers le golfe du Mexique, où se trouvent les réserves offshores du pays, et d'être proche de plusieurs gisements de gaz de schiste. A contrario, sur la côte ouest, pourtant tournée vers les très prometteurs marchés asiatiques, les projets de terminaux sont plus rares. Les réserves de schiste sont en effet éloignées et l'exportation depuis ces sites nécessite d'abord la construction de nouveaux gazoducs.

Les livraisons vers les marchés asiatiques sont évidemment la priorité des entreprises américaines, puisque la consommation augmente rapidement en Chine, en Inde et au Japon. Le golfe du Mexique semble être mal placé pour atteindre ces pays par bateaux, mais les méthaniers seront en mesure d'emprunter le canal de Panama après son agrandissement, qui devrait être terminé en 2014.

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  • earth1st le jeudi 27 sept 2012 à 13:28

    Le gaz de shiste étatsuniens c'est la reine rouge dans "Alice au pays des merveilles" : "It takes all the running you can do, to keep in the same place" cf http://www.theoildrum.com/node/9506