Les Etats-Unis prêts à une action militaire ciblée en Irak

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BARACK OBAMA PRÊT À UNE ACTION MILITAIRE CIBLÉE EN IRAK
BARACK OBAMA PRÊT À UNE ACTION MILITAIRE CIBLÉE EN IRAK

par Jeff Mason et Ghazwan Hassan

WASHINGTON/TIKRIT (Reuters) - Les Etats-Unis sont prêts à mener si nécessaire une "action militaire ciblée et précise" en Irak et vont envoyer jusqu'à 300 conseillers militaires pour aider les autorités irakiennes à faire face à l'offensive des djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), a déclaré jeudi Barack Obama.

Mais le président des Etats-Unis n'a pas annoncé le déclenchement immédiat de frappes aériennes, réclamées la veille par le gouvernement irakien, dirigé par le chiite Nouri al Maliki.

La Turquie et l'Arabie saoudite ont fait part dans la journée de leurs réticences sur l'opportunité de telles frappes en raison des risques pour la population civile.

Barack Obama a également réaffirmé qu'il n'était pas question que les forces américaines, dont il a présidé au retrait fin 2011, retournent combattre sur le sol irakien. Le sort même de l'Irak est dans la balance, a-t-il estimé, mais la force armée des Etats-Unis ne suffirait pas à rétablir la stabilité.

"Nous n'avons pas la possibilité de régler simplement ce problème en envoyant des dizaines de milliers de soldats et en consentant de nouveau aux sacrifices de sang et d'argent déjà consentis en Irak", a-t-il dit.

APPEL À L'UNION DES IRAKIENS

Barack Obama a par ailleurs estimé que les Etats-Unis, où la politique menée par Nouri al Maliki est présentée comme un des facteurs de la radicalisation de la communauté sunnite, n'avaient pas à choisir les dirigeants irakiens. Mais il a souligné que seules des personnalités menant une politique incluant toutes les composantes de la population irakienne, chiites, sunnites et Kurdes, pourraient sortir le pays de la crise.

"Par-dessus tout, les dirigeants irakiens doivent s'élever au-dessus de leurs divergences et s'unir autour d'un plan politique pour l'avenir de l'Irak", a-t-il dit. "Au final, cette question devra être réglée par les Irakiens."

"Il existe une division profonde entre les dirigeants sunnites, chiites et kurdes et aussi longtemps que ces divisions profondes continueront ou s'accentueront, il sera très difficile pour un gouvernement central irakien de diriger l'armée irakienne face à ces menaces."

L'Arabie saoudite sunnite a déclaré pour sa part que ce dont l'Irak a besoin, c'est d'un changement politique à Bagdad, non d'une intervention étrangère.

A Paris, la présidence française a estimé que l'avancée des djihadistes en Irak appelait "une réponse résolue des autorités irakiennes" qui doit aller de pair avec une réflexion politique de long terme.

Le président américain a indiqué jeudi que son secrétaire d'Etat John Kerry partirait ce week-end pour une série d'entretiens diplomatiques en Europe et au Moyen-Orient consacrés aux moyens d'aider l'Irak.

VIOLENTS COMBATS À LA RAFFINERIE DE BAÏDJI

Sur le terrain, les combats se sont poursuivis entre forces irakiennes et insurgés sunnites pour le contrôle de la raffinerie de Baïdji, la plus grande d'Irak, à 200 kilomètres au nord-ouest de Bagdad.

Vendredi à midi (09h00 GMT), un porte-parole du gouvernement irakien affirmait que les gouvernementaux contrôlaient totalement la raffinerie mais des témoins ont déclaré que les affrontements se poursuivaient et que la majeure partie des installations étaient aux mains des rebelles.

Deux hélicoptères gouvernementaux ont tenté de se poser dans la raffinerie mais n'ont pu le faire en raison des tirs des insurgés.

Si la raffinerie de Baïdji tombe aux mains des djihadistes, cela affectera l'approvisionnement du nord du pays, notamment au Kurdistan, mais Bagdad ne devrait pas être trop touchée, dit-on de source industrielle. La capitale est en effet alimentée à 80% par d'autres installations.

Les derniers employés de la raffinerie qui restaient sur place - ils étaient entre 250 et 300 - ont été évacués jeudi matin, a indiqué l'un d'eux par téléphone.

Des avions de combat F-18 du porte-avions américain George H.W. Bush, dépêché dans le Golfe, ont commencé à mener des missions de reconnaissance au-dessus de l'Irak pour suivre les mouvements des insurgés de l'EIIL.

Ceux-ci ont pris sans combat la petite ville de Moutassime, au sud de Samarra, et pourraient encercler cette dernière ville où se trouve un important sanctuaire chiite.

Les autorités iraniennes se sont engagées cette semaine à défendre les lieux saints chiites en Irak si ceux-ci sont menacés.

Pour Barack Obama, l'Iran peut jouer un rôle constructif en Irak si la République islamique admet que la préservation de l'unité de ce pays n'est possible qu'en respectant toutes les composantes de la société irakienne, sans chercher à attiser les rivalités entre chiites et sunnites.

(avec Roberta Hampton, Mark Felsenthal, Raheem Salman, Ned Parker, Oliver Holmes, Susan Heavey, Amena Bakr et William MacLean; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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  • mark92 le jeudi 19 juin 2014 à 21:18

    Merci les ricains mais vos enfants ont déja trop donné en 1944. Omaha, utha.. Laissez les s'entre tuer cette bande de barbus, voilées...Certains Français ont de la mémoire pas comme les immigrés en France.