Les Etats-Unis pèsent sur le 1er trimestre de L'Oréal

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NET RALENTISSEMENT POUR L'ORÉAL DE SA CROISSANCE AU 1ER TRIMESTRE
NET RALENTISSEMENT POUR L'ORÉAL DE SA CROISSANCE AU 1ER TRIMESTRE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'Oréal a vu sa croissance organique nettement ralentir au premier trimestre, plombée par un recul de ses ventes de produits grand public aux Etats-Unis, dont le groupe attend un retour à la croissance au deuxième trimestre.

Le numéro un mondial des cosmétiques, propriétaire de Garnier, Lancôme ou Yves Saint Laurent Beauté, a vu ses ventes reculer de 2,2% à 5,64 milliards d'euros, impactées par des effets de change négatifs dus à l'appréciation de l'euro.

A taux de change constants, la croissance organique tombe à 3,5%, un chiffre nettement inférieur aux 4,3% attendus en moyenne par les analystes et en net retrait par rapport aux 5,4% du 4e trimestre 2013.

Première division du groupe, les produits grand public (L'Oréal Paris, Garnier, Maybelline) ont vu leur croissance ramenée à seulement 1,2% (après +3,7% au 4e trimestre), impactée par un recul d'environ 5% aux Etats-Unis.

Cette baisse s'explique, selon L'Oréal, par une stagnation du marché américain, touché par les intempéries, ainsi qu'une base de comparaison particulièrement élevée, les ventes de la division ayant bondi de près de 9% un an auparavant.

Le PDG du groupe, Jean-Paul Agon, a dit s'attendre à un retour à la croissance sur ce marché dès le deuxième trimestre, ainsi qu'à une accélération pour l'ensemble du groupe au cours de l'année.

"Ce trimestre a été contrasté mais a donné des signes encourageants, comme la reprise des marchés d'Europe du Sud qui constitue une extrêmement bonne surprise", a-t-il dit, rappelant que cette reprise était de bon augure pour les marges du groupe, l'Europe dégageant la plus forte rentabilité.

RALENTISSEMENT EN CHINE ET EN RUSSIE

Les produits de luxe (Lancôme, Armani, Kiehl's, YSL Beauté), ont eux aussi ralenti tout en restant très dynamiques (+7,2% après +8,4%) et en faisant mieux que LVMH, dont la division parfums et cosmétiques (Dior, Guerlain, Givenchy) a vu ses ventes se tasser à 5%.

En revanche, la dynamique s'est accélérée dans les produits professionnels destinés aux coiffeurs et la cosmétique dite "active (Vichy, La Roche Posay), qui signe la meilleure performance du groupe avec une croissance organique de 8,7%.

Sur le plan géographique, les ventes ont accusé un recul de 0,6% aux Etats-Unis, tandis que la croissance a faibli aussi dans les marchés émergents (+7,5% après +9,4%), avec un ralentissement en Chine ainsi qu'en Russie, en pleine crise ukrainienne, où "la croissance n'est clairement plus ce qu'elle était", a observé Jean-Paul Agon.

Sur le marché chinois des produits de luxe, où la croissance a été divisée par deux (à 8%), L'Oréal a fait "une fois et demie mieux que le marché", a précisé Jean-Paul Agon.

A l'inverse, L'Europe de l'Ouest a accéléré le pas (+2,8% après +1,6%) avec, pour la première fois depuis cinq ans, un retour à la croissance des marchés d'Europe du Sud.

Au total ces chiffres sont jugées "assez décevants", par Andrew Wood, analyste de Bernstein, qui souligne qu'il s'agit de la plus faible croissance du groupe depuis la récession de 2009.

Jean-Paul Agon a réaffirmé s'attendre à une progression du marché mondial des cosmétiques comprise entre 3,5% et 4% pour l'ensemble de l'année 2014.

(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • pascalcs le mardi 15 avr 2014 à 07:41

    Il fallait oser le faire ! Voilà que les intempéries jouent un tour aux ventes de L’Oréal aux US. Il fait froid, du coup on se maquille moins et on ne se lave plus les cheveux ! Et pourtant on arrête pas de claironner au quotidien que la consommation se porte de mieux en mieux aux US, tout repart ! Monde rempli d’informations et d’analyses totalement minables.