Les États-Unis ne paieront pas la taxe carbone européenne sur l'aviation

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Tout comme la Chine, les États-Unis ont autorisé leurs compagnies aériennes à s'affranchir de la taxe carbone européenne. Quitte à s'attirer les foudres des ONG de protection de l'environnement.
Tout comme la Chine, les États-Unis ont autorisé leurs compagnies aériennes à s'affranchir de la taxe carbone européenne. Quitte à s'attirer les foudres des ONG de protection de l'environnement.

Washington a emboîté le pas à Pékin, qui il y a quelques semaines avait interdit à ses compagnies de s'acquitter de cette contribution pour le moins controversée. Au point d'avoir été récemment reportée d'un an.



Censée être en vigueur depuis le 1er janvier, elle est destinée à réduire les rejets de gaz à effet de serre dans le secteur de l'aviation et donc à lutter contre le réchauffement climatique. Bruxelles a en la circonstance fait preuve d'une grande détermination, passant outre les avertissements de nombreux États et l'opposition catégorique de pléthore d'acteurs du secteur. Parmi eux, Airbus, principal objet des virulentes représailles de la Chine, laquelle estime que ce sont les constructeurs qui, en premier lieu, doivent prendre leurs responsabilités environnementales.


L'élargissement au trafic aérien du système communautaire d'échange de quotas d'émissions (SCEQE) de CO2 a également ulcéré, entre autres, l'Inde, la Russie et donc les États-Unis. Des opposants qui se sont réunis à plusieurs reprises pour tenter d'échafauder une riposte commune et qui, chacun de leur côté, auront fait le nécessaire législatif pour dire « non » à ce qu'ils assimilent à un diktat.


La menace d'une guerre commerciale se faisant de plus en plus sérieuse, la Commissaire européenne à l'Action pour le climat Connie Hedegaard, longtemps inflexible, a accepté le 12 novembre dernier de mettre la taxe en standby, le temps que soient réunies « les conditions propices à des négociations internationales en vue de l'élaboration d'un plan de lutte mondial contre les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur aérien », détaillent nos confrères de Reuters.



Au-delà des clivages


Insuffisant toutefois pour convaincre Barack Obama, fraîchement réélu, de revenir sur sa position initiale. Le chef de l'exécutif américain a en effet promulgué avant-hier une loi qui exonère les compagnies aériennes du pays de la contribution carbone européenne. Adopté à l'unanimité par le Sénat en septembre, le texte a été voté par la Chambre des représentants, à majorité républicaine. Une preuve que le sujet, économiquement de la plus haute importance, dépasse les clivages traditionnels.


« Cela n'a jamais eu aucun sens que les gouvernements européens imposent une taxe à nos citoyens pour voler dans notre propre espace aérien et, avec l'adoption de cette loi, nous disposons des outils nécessaires pour nous y opposer et protéger l'emploi aux États-Unis », a commenté la sénatrice démocrate à l'origine du texte Claire McCaskill, citée par l'agence. Le secteur aérien a néanmoins le devoir de s'associer lui aussi à la protection de l'environnement.


Et si on peut comprendre que les pays n'appartenant pas à l'Union Européenne (UE) veuillent défendre leurs intérêts économiques, il ne fait aucun doute que diminuer sa participation à la pollution atmosphérique et au changement climatique est également dans le leur.


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