Les Etats-Unis mènent la reprise, la zone euro inquiète-OCDE

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* Reprise très progressive de la croissance mondiale-OCDE * Les Etats-Unis mènent la danse, la zone euro reste à la traîne * La BCE doit se lancer dans l'assouplissement quantitatif PARIS, 6 novembre (Reuters) - L'économie mondiale continue de se redresser très progressivement, par la faute d'une zone euro stagnante et du ralentissement de certains grands émergents qui freinent une reprise menée par les Etats-Unis, estime l'OCDE. La zone euro reste désespérément à la traîne du reste du monde, au point que l'Organisation de coopération et de développement économiques presse la Banque centrale européenne (BCE) d'honorer sa promesse "de faire tout ce qu'il faut" pour soutenir son économie en lançant un programme d'achats de titres de dette souveraine. Elle lance cet appel à l'occasion de la publication de chiffres préliminaires pour ses prévisions économiques d'automne attendues à la fin du mois, un exercice qui porte uniquement sur les pays du G20 avant leur sommet annuel de Brisbane la semaine prochaine. Elle ne revoit que légèrement en baisse ses dernières prévisions de mai pour la croissance mondiale, qui atteindrait 3,3% cette année avant 3,7% en 2015 (contre 3,4% et 3,9% prévu précédemment) puis 3,9% en 2016. "L'économie globale continue d'avancer à petite vitesse", a déclaré à Reuters Catherine Mann, la nouvelle responsable américaine des études économiques de l'OCDE. "Même avec une croissance de 3,9% attendue en 2016, on reste un demi-point en dessous de la tendance historique", a-t-elle ajouté. Pour les Etats-Unis, l'OCDE prévoit une croissance qui accélérerait de 2,2% cette année à 3,1% l'an prochain, l'amélioration du marché du travail profitant à la consommation. Avec un tel rythme, la Réserve fédérale américaine commencera à relever ses taux à partir de mi-2015, prévoit l'OCDE, tout en mettant en garde contre le risque de turbulences collatérales sur des économies émergentes. L'embellie outre-Atlantique contraste avec la situation dans la zone euro, où l'OCDE voit toujours une croissance limitée à 0,8% cette année et 1,1% en 2015 en dépit d'un ralentissement de la consolidation budgétaire chez plusieurs de ses membres. "PÉRIODE PROLONGÉE DE STAGNATION" A ses yeux, le risque est aujourd'hui celui d'une "période prolongée de stagnation" dans les pays de la monnaie unique européenne et la BCE doit se lancer dans des opérations d'"assouplissement quantitatif" à l'américaine pour y faire face. Malgré sa promesse de faire "tout ce qu'il faut" pour stabiliser la zone euro, le président de la BCE Mario Draghi n'a pas voulu à ce stade annoncer des programmes de rachats massifs de dettes d'Etat comme ceux dont la Fed vient d'annoncer l'arrêt ou que mène encore la Banque du Japon. "Une stratégie d'achat d'obligations souveraines est un défi pour la BCE en raison de sa structure et de ses règlements", concède Catherine Mann. "Mais si vous dites que vous ferez tout ce qui est nécessaire, il faut y penser", a-t-elle ajouté. S'agissant du Japon, l'OCDE estime que la Banque du Japon doit aller de l'avant dans sa politique de stimulation monétaire exceptionnelle, dont elle vient d'augmenter l'intensité, jusqu'à ce que ses objectifs d'inflation soient atteints de façon durable. L'organisation ne prévoit que 0,9% de croissance cette année au Japon puis 1,1% l'an prochain grâce à l'affaiblissement du yen provoqué par cette politique, qui profitera aux exportations. Catherine Mann estime aussi que Tokyo ne doit pas renoncer à une nouvelle hausse de la TVA l'an prochain pour encourager les consommateurs à anticiper leurs achats. Du côté des grands émergents, l'OCDE revoit en légère baisse ses prévisions pour la Chine, à 7,3% de croissance cette année puis 7,1% en 2015 (contre respectivement 7,4% et 7,3% précédemment). Elle change à peine ses perspectives sur le Brésil, revues en forte baisse à la mi-septembre (0,3% de croissance en 2014 puis 1,5% en 2015) et anticipe désormais une croissance nulle l'an prochain en Russie sous les effets combinés de la baisse des matières premières et des sanctions liées à son différend avec l'Ukraine. * Le tableau des prévisions ID:nL6N0SV5SC (Leigh Thomas, avec Yann Le Guernigou, édité par Dominique Rodriguez)

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  • guerber3 le jeudi 6 nov 2014 à 11:32

    Les faux monnayeurs américains réussissent même à occulter leurs 80000 Mds de dette, et font croire, en utilisant leurs médias sous contrôle, qu'ils sont en croissance, quitte à changer les formules. Ce n'est pas pour rien que ce pays est en guerre partout : tout le monde regarde ailleurs...!!!

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