Les Etats-Unis derrière le piratage de l'Elysée-Ex-Responsable

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    PARIS, 3 septembre (Reuters) - Les Etats-Unis sont bien à 
l'origine d'une attaque informatique contre l'Elysée au 
printemps 2012, a déclaré un ancien responsable des services 
secrets français. 
    Dans une conférence donnée en juin devant les élèves de 
l'école d'ingénieurs CentraleSupélec, dont lemonde.fr diffuse un 
enregistrement samedi, Bernard Barbier reconnaît également la 
responsabilité de la France derrière une autre attaque 
informatique détectée par les services canadiens en 2009. 
    Cet ancien chef de la direction technique de la Direction 
générale de la sécurité extérieure (DGSE) raconte qu'il a reçu 
un appel à l'aide du responsable de la sécurité informatique de 
l'Elysée en mai 2012, entre les deux tours de la présidentielle, 
à la suite d'un piratage d'ordinateurs de collaborateurs du chef 
de l'Etat, alors Nicolas Sarkozy. 
    "On a vu qu'il y avait un 'malware' (logiciel malveillant) 
qui avait une signature identique à celui que nous avions 
identifié lors d'une attaque contre la Communauté européenne en 
2010. Il n'y avait que les Américains et les Russes qui avaient 
pu faire cette première opération", a-t-il dit. 
    "En 2012, nous avions davantage de moyens et de puissance 
techniques pour travailler sur les métadonnées. J'en suis venu à 
la conclusion que cela ne pouvait être que les Etats-Unis", 
ajoute-t-il en précisant que le logiciel en question avait été 
infiltré lors de connexions sur Facebook. 
    Bernard Barbier indique qu'il a reçu par la suite l'ordre de 
François Hollande se rendre aux Etats-Unis pour protester contre 
cette opération auprès de l'Agence nationale de sécurité (NSA) 
américaine.  
    "Ce fut le 12 avril 2013 et ce fut vraiment un grand moment 
de ma carrière professionnelle (...) A la fin de la réunion, 
Keith Alexander (NDLR: directeur de la NSA de 2005 à 2014), 
n'était pas content. Alors que nous étions dans le bus, il me 
dit qu'il est déçu car il pensait que jamais on ne les 
détecterait. Et il ajoute : 'Vous êtes quand même bons.'" 
    L'ancien responsable de la DGSE reconnaît que les services 
français ont commencé à faire du piratage informatique dès 1992 
et qu'ils sont responsables d'une vaste opération lancée en 
2009, comme le soupçonnait le Canada dans une note dévoilée en 
2013 par le lanceur d'alerte américain Edward Snowden. 
    Les cibles étaient alors des institutions iraniennes liées 
au programme nucléaire de la République islamique mais aussi 
plusieurs pays, dont le Canada, et des objectifs en France.   
     "Les Canadiens ont fait du 'reverse' sur un malware qu'ils 
avaient détecté. Ils ont retrouvé le programmeur qui avait 
surnommé son malware 'Babar' et avait signé 'Titi'. Ils en ont 
conclu qu'il était français. Et effectivement, c'était un 
Français", dit-il. 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Tangi Salaün) 
 
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  • JODHY il y a 3 mois

    le malware pour nous c'est FH

  • frk987 il y a 3 mois

    MDR ils ont du temps à perdre les ricains, espionner FH pour savoir...si ce soir il prend son scooter pour la rue du cirque, y a que ça qui a était top secret......et pas pour longtemps !!!!! Sacrés ricains ils confondent une nullité avec Castro (prétendu Fidel au PC).