Les Etats de la zone euro priés d'étudier une sortie de la Grèce

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Les Etats de la zone euro priés d'étudier une sortie de la Grèce
Les Etats de la zone euro priés d'étudier une sortie de la Grèce

par Jan Strupczewski et Claire Davenport

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - Le comité de préparation de l'Eurogroupe a demandé aux gouvernements de la zone euro de préparer chacun de leur côté un plan d'urgence dans l'éventualité d'un abandon de la monnaie unique par la Grèce, a-t-on appris mercredi de trois responsables de la zone.

Cette initiative a été approuvée lundi au cours d'une téléconférence du groupe de travail chargé de préparer les réunions mensuelles des ministres des Finances des Dix-Sept.

Les membres du groupe de travail, constitués de hauts fonctionnaires des ministères des Finances et de ministres chargés des budgets, constituent aussi le conseil d'administration du FESF, le Fonds européen de stabilité financière.

"Le comité de préparation a décidé que chaque pays de la zone euro pris individuellement devrait préparer un plan d'urgence, concernant les conséquences éventuelles d'une sortie de la Grèce de l'euro", a déclaré l'un des responsables de la zone euro au fait du contenu de la téléconférence.

"Pour l'heure, rien n'a encore été préparé au niveau de la zone euro, de crainte que cela ne s'ébruite", a-t-il ajouté.

Un deuxième responsable a confirmé l'accord de lundi.

La situation en Grèce devrait être évoquée ce mercredi lors du sommet informel réunissant à Bruxelles les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union.

Premier d'entre eux à réagir à ces informations, le président français, François Hollande, a déclaré que la France n'avait pas à préparer un scénario dans lequel la Grèce sortirait de la zone euro.

De son côté, le ministère des Finances grec a démenti dans un communiqué qu'il y avait un accord portant sur la nécessité de préparer une sortie d'Athènes de la zone euro.

"Le ministère des Finances dément catégoriquement les informations disant que lors de la conférence téléphonique du groupe de travail de l'Eurogroupe du 21 mai il a été convenu que chaque pays membre doive préparer des plans en vue des éventuelles conséquences d'une sortie de la zone euro de la Grèce", lit-on dans le communiqué.

"DIVORCE À L'AMIABLE"

Outre la confirmation de trois responsables européens, Reuters a pu consulter une note de travail rédigée par un Etat membre qui détaille notamment le coût potentiel pour chaque pays de la zone euro d'une éventuelle sortie de la Grèce du bloc.

Par ailleurs, Steven Vanackere, ministre des Finances belge, a déclaré qu'il était de la responsabilité des gouvernements d'anticiper même ce que l'on veut éviter.

"Nous devons insister sur les efforts pour échapper au scénario d'une sortie mais cela ne veut pas dire que nous ne préparons pas à des éventualités", a-t-il dit.

Le document vu par Reuters conclut que dans ce cas, un "divorce à l'amiable" devrait être recherché et qu'un soutien de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) pourrait accompagner Athènes dans sa sortie de la monnaie unique.

Selon ce document, l'UE et le FMI pourraient donner jusqu'à 50 milliards d'euros à la Grèce si elle abandonnait la monnaie unique. Il souligne aussi que les effets induits sur d'autres pays de la zone euro ont été sous-estimés.

La Bundesbank, la banque centrale allemande, a estimé pour sa part qu'une sortie de la Grèce de l'euro serait "gérable".

La "Buba" a également estimé que les Etats de la zone euro devaient avoir leur mot à dire sur les prochains versements prévus à la Grèce dans le cadre du second plan de sauvetage de 130 milliards d'euros accordé au pays.

Pour l'instant, la zone euro a déboursé 38,4 milliards d'euros en application de ce plan. Les versements sont conditionnés à des réformes très dures auxquelles s'opposent la majorité des Grecs.

Natalie Huet et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Marc Angrand

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  • louravi le mercredi 23 mai 2012 à 22:46

    Nous ne pouvons qu'être sidéré et inquiet qu'un président de la République Française réagisse ainsi : "François Hollande, a déclaré que la France n'avait pas à préparer un scénario dans lequel la Grèce sortirait de la zone euro."D'une part, si le peuple grec décide de quitter la zone euro, c'est son droit, et c'est le respect de la Démocratie. D'autre part, le rôle d'un responsable, c'est de PREVOIR. A chacun d'apprécier !

  • M2889755 le mercredi 23 mai 2012 à 21:15

    à part ça, à défaut d'hommes politiques, il y a au moins des fonctionnaires intelligents

  • M2889755 le mercredi 23 mai 2012 à 21:13

    DSK avait été le père du premier plan de sauvetage et ne voulait pas entendre parler d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Je ne savais pas Hollande aussi influencé par lui ! Nafissatou, reviens terminer le boulot !

  • M4756642 le mercredi 23 mai 2012 à 17:51

    Le BébéJoufflu décide de ne rien préparer : comme en 40 ! On va à la déroute avec cette équipe !! Katastrophal !