Les Espagnols aux urnes pour sanctionner les socialistes

le
0

par Sonya Dowsett

MADRID (Reuters) - Les électeurs espagnols sont appelés aux urnes ce dimanche dans le cadre d'élections législatives anticipées qui devraient consacrer la fin du gouvernement sortant socialiste, victime de la crise économique, et porter au pouvoir le Parti Populaire (PP) de centre droit.

Les bureaux de vote fermeront à 19h00 GMT et les résultats définitifs sont attendus dans la soirée.

La formation conservatrice de Mariano Rajoy bénéficie dans les sondages d'une solide avance sur le parti socialiste du chef du gouvernement sortant, José Luis Rodriguez Zapatero, au pouvoir depuis sept ans.

Les électeurs reprochent aux socialistes d'avoir tardé à réagir pour redresser l'économie et juguler le chômage dont le taux (21%) est le plus élevé de l'Union européenne.

Contrairement aux Grecs dont les manifestations anti-austérité ont provoqué une crise politique, les Espagnols semblent prêts à se serrer la ceinture et à subir des coupes budgétaires dans les domaines de la santé et de l'éducation sur fond de crise de la dette qui a eu raison des gouvernements grecs, portugais, italiens et irlandais.

"Je vais voter pour le PP, juste pour qu'il y ait un changement. Nous avons besoin de personnes pour remettre de l'ordre. C'est honteux d'avoir 5 millions de chômeurs. Ils doivent faire quelque chose mais je ne sais pas quoi", dit Angel, 35 ans, qui a perdu son emploi de conducteur de bus.

Avec un Espagnol sur cinq au chômage, la situation économique a dominé la campagne électorale sur fond d'inquiétudes d'un retour en récession de la quatrième économie de la zone euro dès l'année prochaine, pour la deuxième fois en trois ans.

FIN DE L'ERE SOCIALISTE

Après deux échecs législatifs face aux socialistes, Mariano Rajoy s'achemine vers la victoire la plus complète d'un parti conservateur depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne à la fin des années 1970 après la dictature du général Franco.

L'ancien ministre de l'Intérieur, âgé de 56 ans, ne devrait pas prêter serment avant le mois de décembre mais devrait toutefois s'employer dans l'intervalle à rassurer les marchés obligataires en dévoilant en amont ses mesures pour réduire le déficit public et stimuler la compétitivité du pays.

Signe de la nervosité des marchés obligataires, les obligations à 10 ans espagnoles se sont échangées cette semaine à un taux proche de 7%, au plus haut depuis la création de la zone euro.

Malmené par la crise, José Luis Zapatero a décidé de ne pas briguer de troisième mandat et les socialistes ont placé leurs espoirs dans Alfredo Perez Rubalcaba qui peine toutefois à se démarquer du Premier ministre sortant.

A la veille des élections, quelque 200 manifestants issus du mouvement des "Indignados" se sont rassemblés à la Puerta del Sol à Madrid pour appeler au boycott des deux principaux partis du pays.

"La situation en Espagne n'est pas bonne et nous devons manifester", a dit l'un des manifestants, Luis Garcia. "Les deux principaux partis sont les esclaves des banquiers."

Le mouvement des "Indignados", qui s'inspire du "printemps arabe", a été lancé lors de la campagne des élections locales et régionales du 22 mai pour protester contre la politique du gouvernement qui, selon les militants, ne leur offre aucun avenir.

Relativement discrets lors de la campagne, les "Indignados" se disent prêts à manifester de nouveau une fois que le nouveau gouvernement aura présenté son plan d'austérité.

Marine Pennetier pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant