Les épargnants se ruent sur les placements défiscalisants 

le
0
Avant l'entrée en vigueur du coup de rabot sur les niches fiscales, les produits qui allègent l'impôt font recette.

Dans les banques, chez les conseillers en gestion de patrimoine, l'heure des vacances n'a pas encore sonné. C'est, depuis quelques semaines - et encore pour quelques jours -, le traditionnel «rush» de fin d'année sur les placements défiscalisants, ceux qui permettront aux contribuables d'alléger l'an prochain le montant de leur impôt sur le revenu, s'ils souscrivent avant le 31 décembre. «Nous recevons en général les deux tiers des souscriptions entre Noël et le jour de l'An», explique Fabrice Imbault, directeur associé chez A Plus Finance, une société qui gère notamment des FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation).

Mais, déjà, les grandes tendances se dessinent. Cette année, les investisseurs se sont rués sur les SCPI Scellier. Ces sociétés qui investissent dans les logements neufs offrent à leurs souscripteurs une réduction d'impôt de 25 %, pour l'instant, sur neuf ans. L'investissement minimal est de quelques milliers d'euros.

Au premier semestre, plus de 100 millions d'euros ont déjà été collectés sur ce placement. «Au second semestre, on devrait atteindre 650 à 700 millions au niveau national, ce qui porterait à la collecte à 750 ou 800 millions pour l'année 2010. Un record pour ce type d'investissement», note Didier Degraeve, chez Ciloger. Ce succès s'explique par l'engouement des Français pour la pierre. Mais sans doute aussi parce qu'il était tentant d'investir sans tarder : l'avantage fiscal sera réduit pour les souscriptions réalisées l'an prochain.

Sofica, un placement rare

Succès aussi pour les Sofica, ces sociétés qui financent les films, les dessins animés... La réduction d'impôt est alléchante (48 %). Et le montant de la collecte est plafonné par le ministère du Budget (une soixantaine de millions d'euros en 2010). Chaque année, les épargnants s'arrachent donc ce placement trop rare.

L'année a été plus compliquée en revanche pour les investissements au capital de sociétés non cotées en Bourse, notamment via des fonds spécialisés, comme les FCPI, pour les sociétés innovantes, ou les FIP (fonds d'investissement de proximité). Certes, les clients ont envie d'en profiter avant que la réduction d'impôt (25 %) ne soit réduite. «Mais certains sont restés dans l'expectative. Les débats parlementaires autour de la loi de finances et des mesures envisagées pour ces fonds les ont perturbés, remarque Fabrice Imbault. Pourtant, la plupart des mesures prises ne sont applicables que l'an prochain». Depuis quelques années, fleurissent aussi de nombreuses petites sociétés, que les contribuables peuvent financer pour profiter d'une économie d'impôt (25 %), et investir ainsi dans les secteurs les plus variés. Par exemple, Foncière Forestière, créée à l'initiative de la Financière de Champlain pour acheter et gérer des forêts, recrute des actionnaires à partir de 2 100 euros !

Est-ce un signe de l'engouement des épargnants ? Les placements défiscalisants, longtemps commercialisés surtout par les conseillers en gestion de patrimoine indépendants et les banques privées, sont désormais de plus en plus distribués aussi dans les réseaux bancaires.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant