Les entreprises frileuses pour investir en 2014

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LES ENTREPRISES FRILEUSES POUR INVESTIR EN 2014
LES ENTREPRISES FRILEUSES POUR INVESTIR EN 2014

PARIS (Reuters) - Quelque 80% des PME ou entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises n'envisagent pas d'augmenter leurs investissements en 2014, surtout par manque de visibilité sur leurs carnets de commande, selon une étude publiée mardi.

Le baromètre annuel de l'assureur crédit Euler Hermes fait pourtant apparaître que les entreprises sortent de la crise avec de bons fondamentaux, s'agissant notamment de leur structure financière, ayant mené les ajustements nécessaires pour s'adapter à la faiblesse de la demande.

Leur frilosité fait que 2014 pourrait être une troisième année consécutive sans investissement en France, ce qui rendrait impossible le redémarrage des créations d'emplois espéré par le gouvernement.

"Cette prudence extrême sur les investissements semble être le chaînon manquant d'une vraie reprise en France en 2014", estime Ludovic Subran, responsable des études économiques d'Euler Hermes.

L'assureur crédit table sur une croissance de 0,6% du PIB français en 2014 et n'a pas exclu qu'elle accélère à 0,8% si l'investissement venait à redémarrer.

Mais parmi les 800 PME et ETI du panel de l'assureur crédit, seule une sur cinq envisage actuellement une hausse de ses investissements l'an prochain, contre une sur quatre en 2013. Pour les seules ETI, la proportion est d'une sur six en 2014 contre une sur trois en 2013.

Elles invoquent un manque de débouchés et de visibilité pour justifier cette prudence : 80% des entreprises citent l'anticipation de l'activité future comme facteur déterminant de leurs décisions d'investissement, loin devant les conditions de financement (10%) ou les aides publiques (10%).

Et près d'une sur deux déclare actuellement une visibilité de moins de six mois sur son carnet de commandes. Pour une sur trois, cette visibilité est même inférieure à trois mois.

Au-delà de la décision d'investissement, c'est la qualité de celui-ci qui devrait continuer de se dégrader en 2014.

EMPILEMENT DE CASH

Pour la troisième année consécutive, les entreprises entendent privilégier à 60% l'investissement défensif (renouvellement, productivité) aux projets offensifs (augmentation des capacités, diversification, R&D).

Malgré la grande prudence d'ensemble, Ludovic Subran note pourtant que la volonté est là, 38% des entreprises interrogées visant une montée en gamme et la diversification de leurs produits et 16% entendant se développer à l'export en 2014.

L'enjeu est d'être à même de profiter de la demande mondiale adressée à la France, qui augmenterait de 4% en 2014 selon Euler Hermes, soit 18 milliards d'euros, dont 8,3 milliards en provenance de la seule zone euro.

Selon le baromètre de l'assureur crédit, les entreprises ont continué cette année de souffrir de la conjoncture déprimée et le niveau de marge, au plus bas depuis 25 ans, est la première préoccupation de 88% d'entre elles.

Faute de visibilité sur les carnets de commande, les coûts d'exploitation sont au centre de leurs préoccupations pour 2014 (pour 70% des entreprises interrogées), alors qu'elles semblent moins vulnérables à l'environnement extérieur (10% seulement s'inquiètent de la volatilité fiscale).

Elles abordent pourtant 2014 en relativement bonne santé, ayant su s'adapter à la faiblesse de la demande ces dernières années par des destructions de capacité : quatre entreprises sur cinq ont un taux d'utilisation des capacités supérieure à 80%, contre trois sur quatre en 2012. Et 77% disent avoir amélioré ou stabilisé leur trésorerie cette année.

Mais la gestion de celle-ci reste focalisée sur le court terme, avec une fixation sur le besoin en fonds de roulement pour 75% d'entre elles. Trente pour cent décident même de conserver toute leur trésorerie excédentaire en liquidité.

Pour Ludovic Subran, "il est important de sortir de cette situation d'empilement de cash pour une vraie relance de l'économie".

"Il est temps que les entreprises profitent de leurs victoires en termes d'ajustements compétitifs et qu'elles visent de nouvelles batailles en France comme à l'étranger via un investissement de qualité. Elles en ont les moyens et l'envie. Il ne reste qu'à passer à l'acte", dit-il.

Yann Le Guernigou, édité par Marc Joanny

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  • T20 le mardi 10 déc 2013 à 16:52

    Comment faire avec un gouvernement qui tire à hue et à dia sur les Entreprises...

  • ANOSRA le mardi 10 déc 2013 à 16:42

    Frileuses surtout par manque de visibilité sur leurs carnets de commande ? Ou plutôt par manque de visibilité fiscale au-delà de l'usine à gaz du CICE 2014/2015 dont la plupart attendent encore le chèque promis par le premier m.en.teur de France, sans aucune démarche ni imprimé avait-il annoncé!

  • gacher le mardi 10 déc 2013 à 16:09

    l'investissement nécessite un carnet de commande solide. On ne s'endette pas quand on ne sait pas si on va avoir du travail, et si on pourra payer l'investissement, sans compter que la gauche taxe tellement que l'on n'est pas sur de pouvoir compter sur ses bénéfices pour payer son investissement.? ler seul point positif est que le dix ans français vient de prendre une claque, et que si ils ne baissent pas les dépenses on va sauter.