Les entreprises françaises en quête de modes alternatifs de financement

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(NEWSManagers.com) - Face au durcissement des conditions d'octroi de crédit bancaire et à l'appétit plus vivace des investisseurs institutionnels pour la dette corporate, les sociétés françaises non financières vont continuer à rechercher de nouvelles sources de financement, souligne Moody's Investors Service dans une étude sur ce secteur publiée le 16 mai (" French Non-Financial Corporates Widen Sources of Funding " ).

" La dette obligataire émise par les entreprises devrait continuer d'augmenter en volume comme en valeur dans la mesure où comparativement aux crédits bancaires, les obligations offrent certains avantages comme la possibilité d'accéder plus largement à des échéances plus longues ainsi qu'à de la dette libellée en devises, et dans la mesure où les banques durcissent leurs conditions d'octroi de crédits " , explique Eglantine de Muizon, Associate Analyst chez Moody's au sein du Groupe Corporate Finance, qui co-signe cette étude. " Par ailleurs, il est probable que l'on assiste à une montée en puissance de certains instruments de dette tels que les placements privés au sens où ils répondent aux exigences des investisseurs en termes de diversification d'actifs et à celles des entreprises en quête de sources de financement " .

S'inscrivant dans un contexte de désintermédiation, le marché français des obligations d'entreprises s'est élargi en s'ouvrant à une plus grande variété de secteurs mais aussi à des profils de crédit plus hétérogènes où l'on trouve aussi bien des émetteurs au profil plus risqué issus de l'univers du " high yield " que des sociétés de plus petite taille ou à capitaux privés. Cette tendance est, selon Moody's, également de nature à perdurer. Elle témoigne en effet d'un besoin pour les entreprises de varier leurs sources de financement et, pour les investisseurs, de diversifier leurs portefeuilles en s'exposant davantage à des émetteurs plus risqués, d'autant qu'ils recherchent des rendements plus élevés dans un contexte de faiblesse des taux d'intérêt.

Néanmoins, bien qu'offrant à certains égards des conditions plus intéressantes que les crédits bancaires, les obligations soumettent les émetteurs à de plus grandes exigences de transparence et offrent, dans une certaine mesure, une moindre " souplesse " . Ces contraintes, ainsi que la persistance de barrières à l'entrée pour les sociétés de petite taille ou émettant de manière plus irrégulière, amènent les entreprises françaises à envisager d'autres solutions de financement.

Moody's constate l'émergence en France de nouvelles catégories d'instruments de dette qui s'apparentent aux instruments de placement privé que l'on trouve déjà dans d'autres pays comme les Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Allemagne (" Schuldschein " ). C'est ainsi que les premières opérations françaises de " placement privé en euros " ont vu le jour. Néanmoins, empruntant à la fois des caractéristiques aux obligations et aux prêts bancaires, ces instruments sont, par manque d'homogénéité et à défaut d'un cadre juridique et contractuel suffisamment cohérent, susceptibles selon l'agence d'exposer les investisseurs à un certain nombre de risques, notamment en termes de qualité de crédit, de protection juridique et de liquidité.

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