Les entreprises européennes profitent de la baisse de l'euro

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LES ENTREPRISES EUROPÉENNES TIRENT PROFIT DE LA BAISSE DE L'EURO AU 2E TRIMESTRE
LES ENTREPRISES EUROPÉENNES TIRENT PROFIT DE LA BAISSE DE L'EURO AU 2E TRIMESTRE

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les entreprises européennes ont publié des résultats trimestriels jugés encourageants, la baisse conjuguée de l'euro et du prix des matières premières ayant compensé les effets du ralentissement économique observé dans plusieurs marchés émergents, Chine en tête.

Au tout début de cette saison des résultats trimestriels, les analystes s'étaient montrés confiants tout en considérant qu'elle serait déterminante pour la suite de l'année boursière en Europe.

Analystes et gérants attendaient en effet de voir les entreprises montrer des signes d'amélioration après les mesures de soutien prises par la Banque centrale européenne.

"C'est une saison encourageante. Les entreprises ont bien pris le relais de la BCE", résume Vincent Juvyns, stratégiste chez JPMorgan AM.

Selon une étude Thomson Reuters publiée en fin de semaine dernière sur les résultats trimestriels, les entreprises européennes devraient enregistrer une progression de 8,6% de leurs résultats au deuxième trimestre, 56% des sociétés du Stoxx 600 ayant en outre dévoilé des chiffres meilleurs qu'attendu par les analystes.

"Les résultats ont été bien meilleurs dans la zone euro qu'en Europe, avec des difficultés en Europe du Nord et un effet devise plus favorable pour l'euro", constate Cyrille Collet, directeur de la gestion actions chez CPR AM.

"LA CROISSANCE REPART"

"On a vu qu'en Europe la croissance repart, que les entreprises exposées aux Etats-Unis ont profité de l'effet dollar mais qu'en Asie, cela a été plus difficile. Les entreprises exposées aux pays émergents ont souffert. C'est une inversion par rapport à avant, où il était de bon ton d'éviter d'être trop exposé à l'Europe", poursuit-il.

Profitant de la BCE, le niveau moyen sur un trimestre de l'euro face au dollar est tombé à 1,0963 dollar entre avril et juin, au plus bas depuis les trois premiers mois de 2003, contre 1,3738 dollar pour le deuxième trimestre 2014, montrent des données Thomson Reuters.

Les stratégistes de Société générale estiment dans une note que grâce à cet effet de change favorable, les résultats trimestriels des sociétés européennes pourraient enregistrer leur meilleure saison depuis le premier trimestre 2011.

Les investisseurs ont également été marqués par les effets de cette saison de résultats sur les attentes du consensus en termes de croissance des bénéfices pour 2015, qui ont été révisées à la hausse pour les groupes de la zone euro alors qu'elles ont continué d'être abaissées pour l'ensemble de l'Europe.

"UN VRAI CHANGEMENT"

Cette amélioration du sentiment des analystes fait suite à quatre années nettement plus difficiles pour les entreprises de la zone euro, en particulier entre 2011 et 2013.

"C'est un vrai changement, soutenu par la baisse des cours du pétrole, de l'euro et les initiatives de la Banque centrale européenne", juge Marc Craquelin, directeur de la gestion d'actifs à La Financière de l'Echiquier.

"On a eu beaucoup de bonnes surprises, en particulier dans l'univers des Mid Caps, qui sont moins dépendantes des marchés émergents et plus exposées à leurs marchés locaux", remarque-t-il.

L'exposition aux marchés émergents, et plus particulièrement à la Chine pour laquelle les investisseurs craignent un ralentissement plus marqué que prévu, a été au coeur des préoccupations du marché cet été, faisant chuter le Stoxx 600 de 8,47% en août, son pire mois depuis août 2011.

Illustrant la différence entre une exposition locale et une plus grande dépendance aux marchés émergents et aux prix des matières premières, les groupes financiers européens ont vu leurs bénéfices bondir de 48,9% au deuxième trimestre pendant que les résultats du secteur de l'énergie ont fondu de 37,9%, d'après les données compilées par Thomson Reuters.

(Edité par Dominique Rodriguez)

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  • tchazard le mercredi 2 sept 2015 à 19:37

    l 'euro reste 13% au dessus du $us et 40% au dessus des monnaies emergentes qui ont toute plongé . a ce tarif avec un import de MP moins chers , on importe la deflation de nouveau et la recession des emergents.