Les enseignes françaises tentent d'importer le Black Friday dans l'Hexagone

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FEDOR_DZN / Shutterstock.com
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(AFP) - Des réductions jusqu'à -85% à moins d'un mois de Noël: le "Black Friday", opération promotionnelle d'origine américaine, tente cette année une percée en France, avec des opérations lancées par plusieurs grandes enseignes alimentaires et high tech.

Aux Etats-Unis, le Black Friday, qui se tient chaque année le vendredi suivant Thanksgiving, fait figure de tradition nationale et représente un temps fort commercial majeur.

Lancée dans les années 70, ces promotions monstres occasionnent une véritable cohue, parfois proche de l'émeute, dans les magasins d'outre-Atlantique.

Une certaine inflexion a toutefois été observée l'an dernier, avec des dépenses de 407 dollars par foyer contre 423 en 2012. Le Cyber Monday, qui complète l'événement en magasins par des promotions sur internet, a en revanche vu ses ventes bondir de 18,7%.

Les enseignes françaises lancent leurs opérations "Black Friday" en majorité à la fois en boutiques et sur internet.

Si certains, comme la Fnac ou Casino, se sont calés sur le modèle américain, en limitant l'opération à 24 heures, d'autres vont l'étendre jusqu'au 30 novembre (Auchan), voire au 1er décembre (Darty). Seul Amazon France prolonge l'opération sur une semaine du 24 novembre au 1er décembre.

Côté réductions, les stratégies diffèrent: des soldes à niveaux variables (entre -20 et -70% chez Auchan), à la vente flash avec stocks limités (le micro-ondes à 49 euros chez Casino), en passant par des baisses contenues (-15%) sur des produits phares comme l'iPhone 6 (Fnac) ou des réductions drastiques sur certains secteurs (jusqu'à -85% sur les jouets chez CDiscount).

Pour les enseignes, cette opération vise à "marquer par un événement festif le coup d'envoi officiel des achats de Noël".

Elles espèrent également créer des ventes additionnelles. Outre-Atlantique, le Black Friday occasionne en moyenne 3 à 5% de recettes supplémentaires, indique Rodolphe Bonasse, spécialiste distribution chez CA Com.
Selon lui, les commerçants français cherchent à "contrer la montée des achats de Noël en décalé", effectués à la dernière minute ou en janvier pendant les soldes. "Il s'agit de réactiver les achats en novembre, en capitalisant sur le fait que cette première vague d'achats en suscitera une seconde, notamment sur les jouets", explique-t-il.

- 'Inverser la logique' -

Mais cet évènement a-t-il vraiment des chances de s'implanter en France ? On se souvient notamment de la tentative d'importation d'Halloween, qui après un frémissement, s'est soldée par un engouement assez anecdotique en terme commercial.

Alors que quelques Black Friday avaient déjà été lancés l'an dernier dans l'Hexagone -- notamment à la Fnac qui parlait de "fort engouement" -- les chiffres globaux de ventes étaient restés limités, avec 482 millions d'euros de recettes, selon le Centre for retail research (CRR).

Selon une étude CRR/ma-reduc.com, cette année, les dépenses des Français devraient atteindre 554 millions d'euros (+14,9% sur un an). Encore loin derrière les Britanniques (1,56 milliard) et les Américains (4,13 milliards).

"Le Black Friday est une institution typiquement américaine. C'est difficile à importer car ce n'est pas inscrit dans la mémoire collective des Français", remarque M. Bonasse.

"Chez nous, les soldes c'est traditionnellement après Noël, et là on essaie, de manière totalement artificielle, d'inverser la logique, ce n'est pas gagné", estime-t-il. D'autant que "ce nouveau rendez-vous promotionnel intervient, alors que les Français baignent déjà dans des promos permanentes".

Pour cet expert, installer le Black Friday comme un nouveau temps fort commercial "prendra du temps". Et ne se fera qu'à condition que toutes les enseignes françaises "jouent le jeu pour créer un évènement massif, comparable à celui des Etats-Unis".

En attendant de prendre éventuellement de l'ampleur, l'opération pourrait tout de même représenter pour des Français soucieux de réduire leurs budgets de fêtes, une bonne occasion de gâter leurs proches à moindres coûts.

Quant aux distributeurs, un surcroît de recettes, même minime, restera malgré tout le bienvenu dans une année où la consommation stagne.

Pour mémoire, l'origine du nom "Black Friday" provient du fait que grâce à cette période, les commerçants américains réussissaient à faire passer leurs comptes du négatif (le rouge) au positif (le noir).

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  • JMH01 le jeudi 27 nov 2014 à 17:33

    Et sur les impôts, ça existe?