Les enseignants italiens en grève contre "la buona scuola" de Renzi

le , mis à jour à 14:48
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ROME, 5 mai (Reuters) - Enseignants et élèves ont fait grève mardi en Italie contre une réforme de l'éducation nationale présentée comme vitale par le président du Conseil, Matteo Renzi. Baptisée "La buona scuola" (bonne école), cette refondation vise à renforcer le corps enseignant avec l'embauche à temps plein de 100.000 enseignants, dont un grand nombre de professeurs actuellement à temps partiel, et propose une modification des règles de revalorisation salariale prenant davantage en compte le mérite et moins l'ancienneté. Les proviseurs disposeraient en outre d'une autonomie accrue notamment en matière de recrutement des professeurs. Mais les opposants au projet gouvernemental jugent qu'il ne règle pas les problèmes de sous-financement des écoles italiennes, qu'il accorde un avantage indu aux établissements privés et qu'il n'est globalement pas à la hauteur des défis que l'enseignement doit relever. D'autres reprochent aussi à Renzi d'avoir prévenu qu'il n'y aurait pas de recrutements de professeurs si sa réforme ne passe pas. D'après l'office européen de statistique Eurostat, l'Italie est, des grands pays de la zone euro, celui qui consacre la plus faible part de son PIB à l'éducation. Le taux de décrochage parmi les élèves italiens est aussi parmi les plus élevé d'Europe. "Cette réforme ne répond pas, ne serait-ce même qu'un peu, aux besoins véritables des écoles", a déclaré Valentina Nardoni, une enseignante de 39 ans croisée dans le cortège des manifestants à Rome. "Il existe des écoles de première classe, des écoles de seconde classe, et celles qui sont en difficulté continueront de souffrir davantage", ajoute-t-elle. Pour la ministre de l'Education, Stefania Giannini, les manifestants n'ont pas compris le sens de cette réforme. "Nous respectons la grève mais nous sommes perplexes devant les raisons invoquées", écrit-elle sur son fil Twitter. "Avec 'la buona scuola', nous recommençons à investir dans l'éducation", ajoute-t-elle. Adoptée en mars par le conseil des ministres, dotée d'un budget spécifique de 3 milliards d'euros pour cette année, la réforme va à présent être examinée par le Parlement. (Isla Binnie; Henri-Pierre André pour le service français)

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