Les ennuis du chinois Kaisa, un tournant pour les investisseurs

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LE SPECTRE D'UN DÉFAUT DU CHINOIS KAISA GROUP EST UN TOURNANT POUR LES INVESTISSEURS
LE SPECTRE D'UN DÉFAUT DU CHINOIS KAISA GROUP EST UN TOURNANT POUR LES INVESTISSEURS

HONG KONG (Reuters) - Le spectre d'un défaut de paiement du chinois Kaisa Group, un promoteur immobilier qui semblait en bonne santé financière il y a tout juste deux mois, pousse les investisseurs à repenser leur façon de prendre en compte le risque politique lorsqu'ils acquièrent de la dette d'entreprises chinoises.

Les sociétés immobilières chinoises ont fait une entrée massive sur les marchés internationaux des capitaux ces dernières années, attirées par des taux d'intérêt relativement bas par rapport à ceux pratiqués dans leur propre pays.

Le secteur coté en Chine ou à Hong Kong a représenté 28,3 milliards de dollars (24 milliards d'euros), soit 61% des obligations à risque émises par des sociétés asiatiques, hors Japon et Australie, sur le marché de la dette en dollars l'an dernier, selon les données de Thomson Reuters.

Mais l'affaire Kaisa a montré que le modèle traditionnel d'appréciation de la dette des promoteurs immobiliers sur la base de leurs flux de trésorerie ne suffit plus en Chine.

Les investisseurs doivent désormais intégrer le risque croissant de mesures politiques et prendre en compte plus sérieusement l'absence de précédent concernant les recours des investisseurs étrangers sur les actifs des sociétés en Chine.

Les ennuis de Kaisa ont commencé à la fin de l'an dernier lorsque des représentants du gouvernement à Shenzhen, ville du sud de la Chine, ont bloqué de façon inattendue les ventes de certains de ses projets immobiliers. Cette mesure a été suivie du départ soudain de plusieurs responsables du groupe, y compris du président, puis du non-paiement des intérêts sur une échéance d'une de ses obligations internationales la semaine dernière.

Kaisa dispose d'un délai de grâce de 30 jours, à dater du 8 janvier, pour payer ces intérêts, sans quoi il sera le premier groupe immobilier en défaut de paiement sur sa dette extérieure.

Mardi, les obligations émises par Kaisa sur le marché de la dette appelé "dim sum" se traitait légèrement au-dessus des 37 cents pour un dollar, près d'un plus bas record.

Jusqu'au 3 décembre 2014, l'obligation s'échangeait à parité, alors que le groupe avait annoncé en août un bénéfice net en hausse de 34% pour le premier semestre de l'année, ce qui pouvait laisser penser que tout allait bien pour lui.

Les responsables de Kaisa n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.

En attendant, ces difficultés ont mis en terme au boum des émissions d'obligations des sociétés immobilières chinoises.

(Saikat Chatterjee et Michelle Chen, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)

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