Les enjeux européens dominent la semaine de François Hollande

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L'EUROPE AU MENU DE LA SEMAINE DE FRANÇOIS HOLLANDE
L'EUROPE AU MENU DE LA SEMAINE DE FRANÇOIS HOLLANDE

PARIS (Reuters) - Les enjeux européens domineront la semaine de François Hollande, qui tentera jeudi, au lendemain des recommandations de Bruxelles sur les déficits français, de définir avec Angela Merkel une contribution commune franco-allemande pour le sommet de juin.

Cette contribution est censée marquer le retour de l'axe franco-allemand pour approfondir une Union économique et monétaire (UEM) toujours en phase de construction.

Pour le président français, l'enjeu est aussi de prouver à l'opinion publique que sa demande d'un gouvernement économique de la zone euro formulée lors de sa grande conférence de presse du 16 mai dernier n'est pas un simple effet de manche.

Le ballet diplomatique débute dès lundi soir, avec la réception à l'Elysée du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, qui devrait insister sur la nécessité de mettre rapidement l'union bancaire en oeuvre.

La première étape de ce volet de l'intégration européenne, la création d'un superviseur unique à la mi-2014 sous l'égide de la BCE, se dessine de façon laborieuse et la création d'un mécanisme de résolution des faillites bancaires et de garantie des dépôts suscite des divergences entre Paris et Berlin.

François Hollande fera mardi matin un discours sur les prochaines étapes de la construction européenne à l'Institut d'études politiques de Paris, où il pourrait préciser sa vision du gouvernement économique européen qu'il appelle de ses voeux.

Paris souhaite que cette instance soit dotée d'un budget séparé de celui de l'Union européenne et puisse lever des emprunts, une perspective rejetée par Berlin, qui reste farouchement opposé au principe même d'euro-obligations.

"Est-ce que vous partageriez votre carte de crédit avec vos voisins?", demande un responsable allemand qui, tout en ne jugeant pas "absurde" l'idée des euro-obligations, souligne que cela ne pourra intervenir que lorsque les Etats auront renoncé à leur souveraineté budgétaire en faveur de l'échelon européen.

"UNION POLITIQUE"

Même si François Hollande a évoqué la nécessité d'une "union politique", les responsables allemands se demandent s'il est prêt à aller jusqu'au bout d'un processus dont une grande partie de sa majorité ne veut pas entendre parler.

Pour l'Allemagne, le test sera de voir ce que la France fera des deux ans de répit qu'elle doit officiellement obtenir mercredi prochain pour ramener son déficit à 3% du PIB compte tenu de la faiblesse de la croissance économique.

La Commission européenne dira à cette occasion quelles réformes sont attendues de Paris en échange de ce délai en matière de retraites ou d'indemnisation du chômage.

Si le gouvernement français souligne que ce répit a été obtenu en raison des réformes structurelles engagées, certains dirigeants européens insistent sur l'ampleur du chemin qui reste à parcourir pour rattraper l'Allemagne devenue, pour François Hollande, l'exemple à suivre en matière de réformes.

La lutte contre le chômage des jeunes, élevée au rang de priorité par l'Union européenne, sera l'un des fils conducteurs de la semaine.

Les dirigeants européens tentent de coordonner l'application d'un fonds européen de 6 milliards d'euros consacré à doper l'emploi des jeunes.

Ce thème devrait être abordé mardi lors d'un déjeuner à l'Elysée avec les ministres allemands des Finances, Wolfgang Schäuble, et du Travail Ursula von der Leyen. Le ministre italien du Travail Enrico Giovannini prendra part à ce déjeuner.

Dans la soirée, François Hollande débattra aussi de ce thème avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, dont le pays est confronté à un chômage massif des jeunes.

L'initiative européenne sur le front du chômage devrait être définie le 3 juillet en Allemagne lors d'une rencontre européenne organisée par Angela Merkel.

Sur le plan national, un séminaire sur l'emploi est organisé mercredi à l'Elysée, avant une visite sur deux jours du président sur ce thème à Rodez (Aveyron) et Castres (Tarn).

Ce déplacement, avec une nuit passée à la préfecture, constituera la première visite en région du chef de l'Etat depuis celle de Dijon, les 11 et 12 mars, qui s'était soldée par un échec en termes de reconquête de l'opinion.

Julien Ponthus et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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