Les enchères pétrolières n?attirent plus les majors en Irak

le
0

(Commodesk) Les dernières enchères de blocs pétroliers et gaziers en Irak n'ont pas fait le plein. Les blocs mis aux enchères se trouvaient pour la plupart dans des zones difficiles d'accès de l'ouest et du centre du pays, où la sécurité ne va pas de soi, avec un potentiel incertain.

Quatre blocs sur les douze proposés (dont sept gisements gaziers) n'ont pas trouvé preneur, et un enchérisseur britannique retenu a refusé les 5 dollars par baril offerts par les autorités. L'un des consortiums gagnants a accepté une rémunération de 6,20 dollars par baril découvert, inférieur au seuil de rentabilité de la plupart des compagnies.

La complexité juridique du pays rebute aussi les majors, sachant par exemple que les contrats signés avec le gouvernement de la zone autonome du Kurdistan ne sont pas reconnus à Bagdad. L'américaine Exxon Mobil s'est ainsi vu écarter des enchères pour avoir conclu un contrat avec le gouvernement autonome kurde.

Le pays est encore instable politiquement et les contours juridiques de la future loi sur le gaz et le pétrole restent flous, les différentes factions politiques ne parvenant pas à s'entendre. La forme des contrats proposés fait aussi hésiter les majors, puisqu'elles seraient payées uniquement en tant que prestataires de services, au lieu de partager avec le pays les bénéfices de l'exploitation de ses ressources, comme cela se pratique couramment ailleurs.

Le ministère du pétrole irakien a fait une concession en retirant l'obligation pour les contractants étrangers de travailler avec un partenaire local. Mais les compagnies qui découvriront du pétrole ne sont pas certaines d'avoir ensuite le droit de l'extraire.  Le ministère irakien du pétrole peut décider de conserver les gisements pour constituer une réserve nationale stratégique. Ce n'est pas le cas dans la zone autonome kurde, où les compagnies contractantes peuvent provisionner dans leur bilan les gisements qu'elles identifient, à la satisfaction de leurs actionnaires.

L'Irak s'efforce de remettre sur pied une industrie pétrolière dans la région de Bassora, sans acheter tout ce dont elle a besoin. Une compagnie danoise a ainsi emporté un contrat de longue durée pour une fabrique de tuyaux pour le transport des hydrocarbures. Mais dans l'ensemble, les grandes compagnies du secteur pétrolier ou gazier ne se précipitent pas sur les marchés ouverts dans ce pays.

Malgré tout, Pakistan Petroleum, Petro-Vietnam, les russes Bashneft et Lukoil, les moyen-orientaux Kuwait Energy et Dragon Oil (Dubaï), Turkish Petroleum, la chinoise CNOOC et la japonaise Japex ont participé aux dernières enchères.

Après dix ans d'interruption des investissements, depuis l'intervention sur son territoire et la guerre civile qui a suivi, l'Irak espère atteindre à un horizon de cinq ans une production de 8 millions de barils de brut par jour avec l'appui de ces partenaires étrangers.

Le pays détient les 4èmes réserves pétrolières mondiales, 143 milliards de barils (dont 45 milliards de barils au Kurdistan irakien), et ses réserves gazières sont les 10èmes du monde, de l'ordre de 3.100 milliards de m3 d'après le département américain de l'énergie.

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant