Les enchères immobilières, un outil pour vendre plus vite

le
0

Jusqu’au 12 avril se tient la Semaine nationale des ventes aux enchères notariales. Aux côtés de cette formule très encadrée juridiquement se développe aussi le recours aux enchères chez les agents immobiliers. Explications.

Plus rapides, plus transparentes, les enchères ne manquent pas d’atouts pour séduire acheteurs et vendeurs. Et pourtant, ce mode de commercialisation peine encore à s’attirer les faveurs du grand public. Pour la dixième fois, les notaires organisent leur Semaine nationale des ventes aux enchères immobilière (qui s’étend en fait sur trois semaines à travers le pays) afin de braquer les projecteurs sur ce mode de commercialisation.

Au programme (voir ici): près de 70 ventes sont mises en avant à travers la France, depuis de toutes petites surfaces parisiennes (à partir de 12 m²) jusqu’à un complexe hôtelier de près de 10.000 m² sur la Promenade des Anglais, à Nice. Par ailleurs, ces ventes pourront être suivies en vidéo en direct sur l’application Périscope via le compte Twitter @NotairesdeParis. Au passage, les notaires en profitent pour rappeler que pour ces ventes aux enchères volontaires «compte tenu notamment de l’incertitude de montant final de l’adjudication, la Chambre des Notaires de Paris a mis en place un système de vente aux enchères avec prix de réserve et point de départ des enchères». Une manière de rassurer des vendeurs potentiels.

Une vente en 1,5 mois au lieu de 1,5 an

De leur côté, les agents immobiliers s’intéressent eux aussi au principe des enchères. Mais dans leur cas, on ne peut parler de «vente aux enchères» (réservée aux juges, notaires et fonctionnaires) simplement de propositions de prix formulées sur la base d’un système d’enchères. Reprenant un principe qui se développe aux États-Unis depuis quelques années, la start-up Imoxo.com a créé la première plateforme française permettant aux agents immobiliers de recueillir des enchères auprès de la clientèle qui a visité le bien concerné.

«Il s’agit de collecter des offres, ensuite le vendeur peut les étudier et en faire ce qu’il veut, précisent Marie Foucher-Créteau et Stanislas Wargny, les fondateurs d’Imoxo. Alors qu’une vente aux enchères débouche, elle, directement sur une vente.» Pour l’instant, deux réseaux immobiliers (Foncia et Century 21) se sont laissés séduire par le principe ainsi que des agents indépendants qui représentent 40% de la clientèle professionnelle. Pour eux, c’est un outil de mise en valeur pour une vente qu’ils réservent aux mandats exclusifs, tout en n’autorisant à enchérir que des acheteurs potentiels identifiés et approuvés ayant au préalable visité le logement.

Libre d’accepter ou de refuser la proposition

Installé dans le 5e arrondissement à Paris, l’agent immobilier Olivier Gigandon utilise cette possibilité, estimant qu’il s’agit d’une nouveauté permettant de se différencier. «Au départ, certains vendeurs ont une perception plutôt négative des enchères, explique-t-il. Ils pensent qu’on y a recours car il y a trop de difficultés pour réaliser la vente. Nous leur expliquons tout le contraire car c’est plutôt une mise en valeur, un procédé qui fait que tout le monde va vouloir acheter.» Une méthode qui lui a permis de finaliser une transaction à 1,4 million d’euros pour une maison d’architecte en région parisienne en seulement un mois et demi, là où une vente traditionnelle aurait débouché, selon lui, en un an et demi.

«Avec le recours aux enchères, c’est l’acheteur qui reprend le pouvoir mais le vendeur est libre d’accepter ou non la proposition qui lui est faite», estime cet utilisateur enthousiaste. Il envisage d’ailleurs d’adapter cette formule afin de proposer des ventes dans le neuf même s’il reconnaît que sa première expérience n’a pas été concluante. Mais si ces enchères peuvent tirer vers le haut les prix pour des biens atypiques déclenchant un coup de cœur, elles restent aussi utilisées pour des biens dont la vente s’éternise. Pour les vendeurs prêts à tenter l’expérience, c’est l’occasion de se confronter à la réalité du marché.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant