Les emplois d'avenir de la SNCF redonnent le sourire à Ayrault

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par Elizabeth Pineau

EAUBONNE, Val-d'Oise (Reuters) - "Le chef aujourd'hui, c'est le Premier ministre!"

Dans le train de banlieue flambant neuf, le président de la SNCF, Guillaume Pépy, accueille Jean-Marc Ayrault et des jeunes engagés en "emploi d'avenir", symbole pour le chef du gouvernement qu'il faut "garder la flamme" dans l'adversité.

Comme une réponse aux mauvais chiffres du chômage qui ont couronné une semaine tendue pour l'exécutif, le Premier ministre a signé vendredi en gare d'Ermont-Eaubonne (Val-d'Oise) le 500e emploi d'avenir de la SNCF, qui s'est engagée à en créer 250 de plus dans les mois qui viennent.

En fin de journée, 75.000 contrats aidés de ce type, destinés aux jeunes pas ou peu diplômés, devaient avoir été signés en France pour un objectif maintenu de 100.000 à la fin de l'année et 150.000 en 2014.

Trois jours après avoir demandé aux députés PS de "faire bloc" derrière François Hollande, Jean-Marc Ayrault, tout aussi mal en point que le président dans les sondages d'opinion, a parlé "persévérance" et "détermination".

"La tâche est difficile", a-t-il reconnu, mais "la tendance est bien à la diminution" du chômage, dont le gouvernement veut inverser la courbe avant fin 2013.

Parenthèse positive au terme d'une semaine de crise, le Premier ministre a pris le train gare du Nord avec une dizaine de jeunes nouvellement engagés par le "premier recruteur de France après McDonald's", a rappelé Guillaume Pépy.

Dans leur uniforme mauve et gris, Dallel, Jessica et Himed ont raconté à Jean-Marc Ayrault leur parcours souvent chaotique mêlant études difficiles, chômage et petits boulots.

"On apprend un métier, c'est concret, il y a une bonne ambiance", a confié l'un d'eux au Premier ministre, qui prenait visiblement plaisir à ce moment de répit.

A l'invitation de Guillaume Pépy, Jean-Marc Ayrault a confié être petit-fils de cheminot du côté maternel, d'où son "affection particulière pour ce métier".

CONTINUER À SE BATTRE

En ce milieu de matinée calme dans les transports, il a pris le temps de serrer quelques mains sur les quais.

Lors d'une table-ronde dans la gare, le Premier ministre a fait allusion aux salves de ces derniers jours en répliquant à une "presse de droite" qui considère les emplois d'avenir comme "de l'assistanat et de l'occupationnel".

"Ce n'est pas la politique du chiffre, c'est la politique de la qualité", a-t-il assuré.

"Ce ne sont pas les ateliers nationaux", a-t-il ajouté en référence aux emplois aidés fournis aux chômeurs parisiens après la révolution de 1848, une expérience rapidement abandonnée.

Dans un discours aux côtés du ministre du Travail, Michel Sapin, le Premier ministre a continué sur le ton du volontarisme, invitant à "redonner confiance à la jeunesse" et à poursuivre "tout un mouvement qui est en marche".

La "bataille de l'emploi" demande "beaucoup d'énergie, de persévérance et de conviction", a-t-il dit, rappelant devant la presse que la tâche du gouvernement est "difficile, dire le contraire serait mentir mais c'est justement parce que c'est difficile qu'il faut persévérer et continuer à se battre".

"Garder la flamme, comme le président de la SNCF l'a dit aux jeunes qu'il vient d'engager, ça vaut aussi pour tout ce que nous avons à faire pour la France", a-t-il ajouté avant de reprendre sa voiture direction Paris, où son agenda annonçait une réunion sur la transition énergétique et un entretien avec le président du Conseil italien, Enrico Letta.

Peu après son départ, la serveuse d'un café voisin de la gare d'Eaubonne résumait l'amertume qui a envahi une partie des Français après 18 mois de pouvoir socialiste.

"Moi j'ai perdu des heures supplémentaires et ma feuille d'impôt a augmenté. Tous les ouvriers qui viennent manger ici se plaignent aussi", a-t-elle déploré en distribuant les menus. "Ça ne donne pas envie de travailler".

Edité par Yves Clarisse

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  • patr.fav le vendredi 25 oct 2013 à 16:57

    on forbce la sncf à prendre des emplois d'avenir pour arriver à 100000 que de la magouille !!!!! avec ce gouvernement !!!

  • M8252219 le vendredi 25 oct 2013 à 16:41

    Ils sont bien mal barrés ces salariés, une grève tous les trois mois, 32 heures par mois la retraite à 54 ans calculée sur les 6 derniers mois, plus billet de transport pour toute la famille , grands parents compris toute l'année à des prix au plus bas si se n'est pas gratuit.

  • M8252219 le vendredi 25 oct 2013 à 16:36

    Des emplois d'avenir pour en faire des salariés dans les régimes spéciaux . Double déficit !, nous ne sommes pas prêt de nous en sortir.

  • M4630217 le vendredi 25 oct 2013 à 16:30

    Avec nos impôts on peut tout faire !!!

  • mucius le vendredi 25 oct 2013 à 16:25

    Une affaire entre copains avec notre pognon! La SNCF a fait 200.000.000€ de bénéfice en 2012... avec 8.000.000.000€ de subvention. Un modèle d'entreprise performante!

  • anlupavi le vendredi 25 oct 2013 à 15:10

    avec votre argent : et pour des employers de l etat!!! pas bon,,?

  • M78543 le vendredi 25 oct 2013 à 14:50

    BLOC de foie gras