Les Emirats soutiennent un gel de la production de pétrole

le , mis à jour à 19:23
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 (Actualisé avec ministre algérien) 
    par Alex Lawler et Rania El Gamal 
    ALGER, 26 septembre (Reuters) - Les Emirats arabes unis 
(EAU) se sont prononcés lundi en faveur d'un gel de la 
production mondiale de pétrole pour soutenir les cours et 
certains délégués de l'Opep pensent que la réunion des pays 
producteurs à Alger cette semaine pourrait déboucher sur un 
accord visant à réduire l'offre et stabiliser le marché. 
    Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a néanmoins 
souligné que la réunion informelle des membres de l'Organisation 
des pays exportateurs de Pétrole (Opep) prévue en marge du Forum 
international de l'énergie qui débute à Alger, était purement 
consultative. 
    "Il s'agit d'une réunion consultative et c'est tout ce que 
nous devrions en attendre", a-t-il déclaré, selon des propos 
rapportés par l'agence de presse Shana, affiliée au ministère du 
Pétrole, avant de quitter Téhéran pour la réunion de trois jours 
à Alger. "Les négociations entre membres de l'Opep (en Algérie) 
peuvent servir au sommet de l'Opep de novembre à Vienne."  
    Les cours du brut ont été divisés par deux depuis 2014 en 
raison d'un excédent d'offre, poussant les pays de l'Opep et la 
Russie à chercher à rééquilibrer le marché via une baisse de la 
production.  
    Des sources proches des pourparlers ont fait savoir vendredi 
que l'Arabie saoudite avait proposé de réduire sa production 
pétrolière si l'Iran acceptait de plafonner la sienne cette 
année, ce qui représenterait un compromis important. 
  
    Les cours du pétrole ont dans un premier temps profité de la 
perspective d'un compromis entre Saoudiens et Iraniens mais 
l'espoir s'est ensuite dissipé et le baril a perdu près de 4% 
vendredi, avant de rebondir de plus de 3% lundi. 
    Un délégué de l'Opep a dit que l'objectif était désormais de 
chercher à convaincre l'Iran de geler sa production à des 
niveaux acceptables pour les autres membres du cartel. 
     
    CONSENSUS SUR LE CONSTAT, DIT ALGER 
    L'Iran a dit vouloir porter sa production à quatre millions 
de bpj même si elle a stagné ces derniers mois autour de 3,6 
millions, ce qui suggère qu'une augmentation supplémentaire 
pourrait nécessiter de nouveaux investissements. 
    Certains ministres et représentants ont manifesté l'espoir 
de voir un accord émerger cette semaine, alors que la Russie 
participe aussi aux discussions. 
    "Pour nous aux Emirats arabes unis, il faut prendre une 
décision. Nous pensons qu'un gel sera bénéfique s'il fait 
l'objet d'un accord. Nous espérons que nous nous mettrons tous 
d'accord", a dit à Reuters le ministre émirati de l'Energie, 
Souhail ben Mohamed al Mazroui. 
    Son homologue algérien a pour sa part fait état d'un 
consensus au sein de l'Opep sur le fait que l'offre mondiale de 
pétrole était "largement excédentaire" et que la situation avait 
empiré depuis la dernière réunion du cartel en juin. 
    "Une action crédible et significative des producteurs est 
nécessaire pour aider le marché à se rééquilibrer", a dit 
Noureddine Bouterfa au quotidien algérien Liberté, en soulignant 
que la réunion en Algérie était certes informelle mais pouvait 
se transformer "en réunion extraordinaire si les membres 
l'estiment nécessaire". 
    "Un élément fondamental est que la production de l'Opep doit 
être significativement inférieure au niveau du mois d'août. Le 
deuxième est que l'effort doit être partagé", a-t-il ajouté. "Le 
troisième est que tout accord sera limité au temps nécessaire 
pour résorber les stocks pétroliers, sans constituer un 
précédent. Enfin, le quatrième élément est que l'accord devra 
être crédible aux yeux du marché, ou préparera la voie à un 
accord crédible et vérifiable." 
 
 (Avec Bozorgmehr Sharafedin à Dubai, Juliette Rouillon et 
Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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