Les Emirats jugent irrecevable l'offre sur le Rafale

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DUBAI/PARIS (Reuters) - L'avion de combat Rafale a paru enregistrer mercredi un nouveau revers, les Emirats arabes unis jugeant non compétitive et irréalisable l'offre du constructeur Dassault Aviation portant sur la vente de 60 appareils.

De source française proche du dossier à Paris, on souligne toutefois qu'on ne peut parler d'échec et que les négociations se poursuivent.

Le contrat, en discussion depuis pratiquement un an, a suscité des doutes en début de semaine quand il est apparu que les Emirats arabes unis s'étaient renseignés sur un avion concurrent, le Typhoon construit par le consortium Eurofighter.

"Grâce au président Sarkozy, la France n'aurait pas pu en faire plus sur le plan diplomatique ou politique pour faire aboutir un accord sur le Rafale", dit dans un communiqué le prince héritier d'Abou Dhabi, le cheikh Mohammed bin Zayed.

"Malheureusement, Dassault semble ne pas avoir conscience que toutes les bonnes volontés politiques et diplomatiques du monde ne peuvent permettre de surmonter des termes commerciaux qui ne sont pas compétitifs et à partir desquels on ne peut travailler."

Mais selon la source française, "les négociations continuent, il n'y a pas d'échec".

"On est tous persuadés que le Rafale, utilisé en Libye et en Afghanistan, est un excellent avion", a-t-elle ajouté.

Les dirigeants de Dassault Aviation n'ont pu être joints.

Le cours du titre Dassault Aviation a cédé 7,06% mercredi à la Bourse de Paris.

"ARROGANCE"

De source gouvernementale émiratie proche de l'opération, on met l'impasse actuelle sur le compte de l'"arrogance" de Dassault.

"Il y a une frustration commune à la fois chez les EAU et les dirigeants français concernant ce qui s'apparente à de l'arrogance chez Dassault", explique-t-on.

"Au lieu d'utiliser la force des relations bilatérales pour conclure l'accord, ils essaient de l'utiliser pour tenir bon sur le prix et sur une structure qui n'a pas changé depuis plus d'un an et qui a été significativement améliorée par tous les concurrents".

Le général Jean-Paul Palomeros, chef d'état-major de l'armée de l'air française, a indiqué lundi que l'armée de l'air des Emirats était "très enthousiaste" sur le Rafale. Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, avait affirmé il y a un mois que la négociation était dans sa phase "finale".

De retour à Paris après un séjour à Dubaï, il s'est voulu confiant sur les qualités du Rafale, que Dassault n'a pas vendu à l'étranger.

"Il n'est pas plus cher qu'Eurofighter, moins cher que les produits américains, donc je crois que les Rafale se vendront", a-t-il estimé lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes de défense.

Gérard Longuet n'a pas voulu donner de date concernant un éventuel aboutissement. "Si le vendeur est pressé il vend mal, si l'acheteur est pressé, il achète mal", a-t-il résumé.

Quoi qu'il en soit, après les informations qui ont émergé sur Eurofighter, l'appel d'offres aux Emirats semble ouvert à la concurrence, y compris aux chasseurs de l'américain Boeing. Le groupe américain a dit avoir récemment présenté ses F-15 et F-18 aux EAU.

Le Rafale est plus développé que les chasseurs de quatrième génération mais est en retard par rapport aux avions multirôles de la cinquième génération, tels le F-35 Lightning II de Lockheed Martin.

Le Rafale et le Typhoon ont été tous deux utilisés en Libye lors de l'intervention de l'Otan qui a aidé au renversement de Mouammar Kadhafi.

L'Eurofighter est fabriqué par le britannique BAE Systems, l'italien Finmeccanica et le groupe EADS.

Reed Stevenson et Praveen Menon avec Tim Hepher, Elizabeth Pineau et John Irish à Paris, Benoit Van Overstraeten et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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