Les élus corses saluent l'offre de dialogue de Hollande

le
2
FRANÇOIS HOLLANDE EN CORSE
FRANÇOIS HOLLANDE EN CORSE

par Julien Ponthus et Roger Nicoli

AJACCIO (Reuters) - François Hollande a annoncé vendredi l'ouverture d'un dialogue avec les élus corses qui réclament une réforme institutionnelle pour plus de décentralisation, une initiative bien accueillie dans l'île qui commémorait le 70e anniversaire de sa libération.

Le président français est néanmoins resté très prudent sur les chances de voir une réforme d'ampleur aboutir, notant que les conditions politiques pour aboutir à une révision constitutionnelle n'étaient pas réunies pour l'instant.

"C'est le dialogue qui doit permettre de trouver une bonne réponse, ne préjugeons pas de l'issue parce que nous savons parfaitement que pour modifier la constitution, c'est très lourd", a-t-il dit à Ajaccio, sur une île marquée par de nombreux règlements de compte qui ont fait 17 morts depuis le début 2013.

L'assemblée de Corse a adopté le 27 septembre à une majorité écrasante une délibération pour élargir les compétences de la chambre corse en lui conférant un pouvoir d'adaptation législative pour la fiscalité et la maîtrise du foncier.

Pour voir le jour, le projet des élus corses doit être validé par une réforme constitutionnelle et l'entourage de François Hollande rappelle, sans se prononcer sur le fond, que le gouvernement ne dispose pas de la majorité des trois cinquièmes nécessaire pour réviser la constitution.

"On ne change pas la Constitution simplement par la volonté du président de la République", a dit le président.

Il a constaté que la reconnaissance de la "co-officialité" de la langue corse supposait aussi une modification de la Constitution sur laquelle il n'existe pas de consensus.

Les élus ont estimé qu'il s'agissait d'un premier pas.

"Le président, il ouvre le dialogue voulu par l'Assemblée de Corse à l'unanimité, il le fait loyalement, honnêtement et au meilleur niveau parce que nous discuterons avec le Premier ministre, que voulez vous de mieux?", a déclaré Paul Giaccobi, président radical de gauche du conseil exécutif de Corse.

MÊME LES NATIONALISTES SALUENT L'INITIATIVE

Des rencontres sont prévues avec la ministre de la réforme de l'Etat, Marylise Lebranchu, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, et le premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

"J'ai une vision pragmatique et non pas idéologique, une majorité se conquiert et j'en parlerai à mes collègues de l'UMP", a déclaré le député Camille de Rocca-Serra (UMP) à Reuters à l'issue de l'entretien dans les salons préfectoraux.

Seul nationaliste autour de la table, François Alfonsi a rappelé que les suffrages de sa famille politique avaient attiré 36% des électeurs aux élections territoriales de 2010.

"En appuyant la délibération (corse-NDLR), on pourra enfin ouvrir le mur de la Constitution, qui a été changée 24 fois depuis 1958, pour que le dialogue avance", a-t-il dit à Reuters.

L'élu indépendantiste Jean-Guy Talamoni, qui n'a pas participé à la réunion, a salué cette amorce de dialogue qui renvoie aux négociations du processus de Matignon, lancé par le gouvernement de Lionel Jospin en 2000-2002.

Ces négociations avaient conféré une capacité d'adaptabilité législative à l'assemblée de Corse et octroyé 2 milliards d'euros d'aides publiques pour un plan d'investissement.

Il a dit espérer que "Paris fasse preuve de responsabilité".

La Corse a connu depuis 1982 trois statuts politiques aboutissant à une plus grande autonomie. En 1991, le conseil constitutionnel avait censuré la notion de peuple corse.

Ce déplacement marque le coup d'envoi des commémorations de la Libération de la France après la Seconde Guerre mondiale.

A Ajaccio, François Hollande a présidé une cérémonie à la mémoire du résistant Fred Scamaroni à la citadelle d'Ajaccio. Il s'est ensuite rendu à Levie, haut lieu de la résistance corse puis à Bastia, libérée il y a 70 ans jour pour jour.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M5462830 le vendredi 4 oct 2013 à 16:56

    on vous le laisse , gardez le dans votre maquis

  • M4984827 le vendredi 4 oct 2013 à 16:56

    Honte à lui, la France est une et indivisible et les corses fiers d'en être