Les élus cherchent à apaiser les tensions à La Réunion

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SAINT-DENIS DE LA REUNION (Reuters) - Après deux nuits de violences urbaines à La Réunion, les élus de l'île ont présenté jeudi des propositions pour faire baisser les prix et calmer le mécontentement contre la vie chère.

Didier Robert, président (UMP) du conseil régional, a ainsi proposé d'utiliser les recettes d'une taxe locale, l'octroi de mer, pour faire baisser de 5 centimes les prix au litre des carburants.

Nassimah Dindar, présidente (DVD) du conseil général, souhaite généraliser les tarifs sociaux de l'eau, de l'électricité et du téléphone et baisser les prix de produits de première nécessité d'origine locale en créant "un fonds de concours exceptionnel".

Ces propositions seront débattues vendredi lors d'une réunion en préfecture, consacrée initialement aux seuls prix des carburants. Formulées dans l'urgence jeudi après-midi, elles visent à désamorcer la forte tension qui règne dans certains quartiers de l'île.

Selon la préfecture, environ 600 personnes se sont livrées à des pillages dans la nuit de mercredi à jeudi dans les villes du Port, de Saint-Denis et de Saint-Benoît, pillant ou dégradant une quinzaine de commerces et d'entreprises.

La nuit précédente, un même nombre de commerces, ainsi qu'un entrepôt de riz, avaient été la cible de groupes de jeunes. Soixante-huit personnes ont été interpellées et 48 placées en garde à vue.

"Les forces de l'ordre, renforcées, sont mobilisées pour faire face à ces exactions", a déclaré jeudi soir Michel Lalande, préfet de la Réunion, alors qu'une nouvelle flambée de violences nocturne était redoutée.

Un escadron de gendarmerie mobile est arrivé en renfort sur l'île en cours de journée.

LE MAIRE VEUT UN PLAN D'URGENCE

Gilbert Annette, maire socialiste de Saint-Denis, propose pour sa part des mesures de gel des prix sur "100 produits de première nécessité, aux prix de la métropole" et demande à l'Etat un plan d'urgence exceptionnel.

Dans la matinée, l'élu s'est rendu dans le quartier populaire du Chaudron, où la bibliothèque municipale et l'atelier d'initiation à l'informatique ont également été la cible des vandales. Déjà, en mars 2009, le quartier avait été le théâtre d'affrontements, en marge de grandes manifestations contre la vie chère.

"Les minima sociaux sont calculés sur des bases métropolitaines, ils ne permettent plus aux familles réunionnaises de s'en sortir", a répété le maire face à des habitants sceptiques, voire agressifs.

"Vous connaissez un enfant du Chaudron qui a réussi dans la vie et qui gagne 3.000 ou 4.000 euros par mois ? Ne cherchez pas, il n'y en a pas !", lui a lancé, en créole, un homme passablement énervé..

Le quartier est massivement touché par le chômage, qui concerne 29,5% de la population réunionnaise et 60% des jeunes de moins de 25 ans.

Il y a 21 ans jour pour jour, le 23 février 1991, des émeutes avaient éclaté au Chaudron. Huit personnes avaient perdu la vie dans un incendie à la suite du pillage d'un magasin de meubles. Gilbert Annette était déjà maire à l'époque, poste qu'il a retrouvé en 2008.

Bernard Grollier, édité par Gérard bon

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