Les élections laissent la Bulgarie dans le flou politique

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(Actualisé avec réactions, contexte) par Tsvetelia Tsolova et Angel Krasimirov SOFIA, 5 octobre (Reuters) - La droite bulgare était en passe dimanche soir de remporter les élections législatives anticipées sans pour autant décrocher la majorité au Parlement, selon les premières projections, ce qui présage la formation d'une coalition une nouvelle fois trop fragile pour sortir la Bulgarie de l'instabilité politique et du marasme économique. Le GERB (Citoyens unis pour le développement de la Bulgarie, droite), conduit par l'ancien Premier ministre Boïko Borissov, l'emporterait avec 33% des voix, selon les sondages sortie des urnes diffusés à la fermeture des bureaux de vote. Les socialistes du PSB obtiendraient 16%. La tâche de former le prochain gouvernement, le cinquième en moins de deux ans, devrait être compliquée par la forte fragmentation du Parlement, au sein duquel jusqu'à huit partis, un record, pourrait être représentés. Autre signe de la désaffection des citoyens à l'égard de la classe politique, les instituts de sondage prédisent le taux de participation le plus faible depuis que la Bulgarie est sortie du communisme il y a un quart de siècle. "Dans cette configuration, je ne vois pas comment un gouvernement peut être formé", a déclaré Boïko Borissov d'un air sombre à la presse. Le chef du GERB semble toutefois vouloir relever le défi et s'est dit prêt à prendre "tous les risques" pour gouverner le pays. Il a annoncé que des discussions internes auraient lieu lundi au sein de sa formation pour décider de la marche à suivre. Illustration probable des difficultés qui l'attendent, un dirigeant du Bloc réformiste, considéré comme l'allié le plus probable du GERB, a prévenu qu'il ne saurait envisager un retour de Boïko Borissov au poste de Premier ministre. Du côté du Parti socialiste, on admet par la voix de son porte-parole Atanas Merdjanov avoir subi une "lourde défaite". PAYS LE PLUS PAUVRE DE L'UE "Avec un Parlement aussi fragmenté, il va être difficile de former un gouvernement et on peut aussi s'interroger sur sa stabilité", commente Dimitar Bechev, analyste politique à la London School of Economics (LSE). En juin, l'agence de notation Standard & Poor's a dégradé son estimation de la "signature" bulgare sur les marchés obligataires, considérant que l'environnement politique mettait en péril des réformes jugées indispensables (crise bancaire illustrée par les déboires de Corpbank, système des retraites et de la santé). Dans une interview accordée fin septembre à Reuters, Boïko Borissov s'est dit prêt à négocier avec la plupart des partis, non pour former une grande coalition mais pour obtenir des soutiens ponctuels au parlement. Aux précédentes législatives, en 2012, le GERB, déjà conduit par cet ancien garde du corps, était arrivé en tête du scrutin mais le gouvernement Borissov a démissionné en février 2013, emporté par d'importantes manifestations agrégeant des revendications différentes (refus de l'austérité, contestation des tarifs élevés de l'électricité). La coalition formée autour du Premier ministre socialiste Plamen Orecharski qui lui a succédé n'a pas fait mieux, démissionnant en juillet et contraignant le président Rossen Plevneliev à anticiper le retour aux urnes. Avec un salaire mensuel moyen de 360 euros, un taux de chômage supérieur à 10% et une croissance économique de l'ordre de 1,5% cette année, la Bulgarie est le plus pauvre des membres de l'Union européenne. (Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour le service français)

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