Les Egyptiens appelés à trancher un "duel des extrêmes"

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Les Egyptiens appelés à trancher un "duel des extrêmes"
Les Egyptiens appelés à trancher un "duel des extrêmes"

par Samia Nakhoul et Alastair Macdonald

LE CAIRE (Reuters) - Les Egyptiens ont voté samedi pour le second tour d'une élection présidentielle qui, pour beaucoup, se résume à un choix par défaut entre Ahmed Chafik, dernier chef de gouvernement d'Hosni Moubarak, et Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans qui se présente au nom de Dieu.

Les bureaux de vote ont fermé leurs portes à 18h00 GMT et devaient les rouvrir dimanche à 06h00 GMT. Des résultats officieux pourraient être annoncés dès dimanche soir.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir, a ordonné au cours du premier jour du scrutin la dissolution du parlement, validant une décision de la Haute cour constitutionnelle qualifiée de "coup d'Etat" par les islamistes.

La juridiction s'était prononcée jeudi pour la dissolution de l'Assemblée constituante, dominée par les Frères musulmans, ce qui a relancé les doutes quant aux véritables intentions des généraux qui ont promis de remettre le pouvoir à un président élu le 1er juillet.

En l'absence de pouvoir législatif et dans l'attente d'une nouvelle constitution pour définir les contours de sa charge, l'élection du chef de l'Etat ne répondra pas aux questions que les 82 millions d'Egyptiens continuent à se poser sur l'avenir de leur pays, près d'un an et demi après la "révolution du Nil" et la démission de Moubarak.

Pour une bonne part de l'électorat laïc et modéré ce second a tout d'un duel des extrêmes entre un fidèle du président déchu, issu comme lui de l'appareil militaire, et le candidat des Frères musulmans qui ont lutté pendant soixante ans dans la clandestinité contre l'armée. Dans ces conditions, l'abstention pourrait être le fait marquant du second.

Selon un responsable électoral, le taux de participation est pour l'heure équivalent à celui du premier tour, qui s'est tenu les 23 et 24 mai, où seuls 46% des électeurs s'étaient finalement déplacés.

"Les deux (candidats) sont sans intérêt mais nous devons en choisir un, malheureusement", a déclaré samedi Hassan el-Shafie, un électeur de 33 ans, qui avait voté pour un candidat centriste au premier tour.

"NOUS SAUVERONS NOTRE RÉVOLUTION"

A eux deux, les finalistes n'ont pas réuni la moitié des suffrages exprimés au premier tour.

La Haute cour constitutionnelle a validé jeudi la candidature d'Ahmed Chafik, menacée par une loi votée en avril pour écarter les caciques de l'ancien régime, ce qui a accentué la colère des révolutionnaires et des islamistes, qui y ont vu une preuve de la volonté des militaires de se maintenir au pouvoir.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui assure l'intérim depuis le renversement de Moubarak, le 11 février 2011, a assuré jeudi que les deux arrêts de jeudi ne remettaient pas en cause le processus de transition.

Cette assurance n'a pas convaincu le Mouvement du 6-Avril, l'un des fers de lance de la révolution.

"Nous sauverons notre révolution. Nous sauverons l'Egypte du régime militaire", dit-il dans un communiqué publié vendredi.

Prenant acte de la dissolution de l'Assemblée, les Frères musulmans ont estimé que l'Egypte allait au devant de "journées très difficiles qui pourraient être encore plus dangereuses que les derniers jours du régime de Moubarak".

"Toutes les avancées démocratiques de la révolution pourraient être balayées et renversées si le pouvoir est confié à l'un des symboles de l'ère antérieure", ont-il ajouté.

Jean-Philippe Lefief et Julien Dury pour le service français

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  • pierry5 le dimanche 17 juin 2012 à 08:43

    Après le printemps arabe, ce sera l'été arabe. Dans le fonds, nous les occidentaux on s'en f.. Ce qui nous intéresse c'est le pétrole et le gaz.