Les écosystèmes de l'Arctique bouleversés par le réchauffement

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    par Megan Rowling 
    BARCELONE, 25 novembre (Fondation Thomson Reuters) - Les 
écosystèmes de l'Arctique, menacés par le changement climatique 
et d'autres activités humaines comme l'exploitation pétrolière 
et gazière, se modifient de manière spectaculaire, ce qui 
pourrait avoir des effets dévastateurs pour les habitants de la 
région et le reste de la planète, avertissent des scientifiques 
dans un rapport publié vendredi. 
    "La glace fond, le niveau de la mer monte, les zones 
côtières s'érodent, le permafrost dégèle et les zones où vivent 
les plantes et les animaux se déplacent", souligne le document 
du Conseil de l'Arctique, une instance intergouvernementale 
chargée de promouvoir les aspects environnementaux, économiques 
et sociaux du développement durable dans la région polaire.  
    Le rapport identifie 19 "changements de régime" qui sont 
survenus ou pourraient survenir dans l'Arctique, d'un 
basculement vers des étés libres de glace à l'effondrement des 
stocks de poissons. 
    Ces changements majeurs affectent la stabilité du climat et 
du paysage, la capacité des espèces végétales et animales à 
survivre et les moyens de subsistance et le mode de vie des 
populations locales, notent les chercheurs. 
    L'impact de ces modifications sur le reste du monde pourrait 
être également "important", même s'il reste difficile à 
appréhender. 
    "Si de multiples changements de régime se renforcent les uns 
les autres, les résultats pourraient être catastrophiques", a 
déclaré Johan Rockström, directeur du Stockholm Resilience 
Center, qui a co-présidé cette étude de cinq ans, dans un 
communiqué.  
    "La variété des effets que nous pourrions observer signifie 
que les populations et les politiques de l'Arctique doivent se 
préparer à des surprises. Nous prévoyons aussi que certains de 
ces changements déstabiliseront le climat régional et mondial, 
avec des effets potentiellement majeurs." 
     
    SOLUTIONS LOCALES 
    Les scientifiques ont enregistré ce mois-ci dans l'Arctique 
des températures supérieures de 20 degrés Celsius à la moyenne 
saisonnière, ce qui retarde la reconstitution annuelle de la 
banquise. 
    "L'Arctique est tellement connecté au reste de la planète en 
termes de régulation climatique (...) que les changements que 
nous provoquons dans l'Arctique vont probablement s'amplifier 
avant de revenir vers nous", observe Marcus Carson, de 
l'Institut environnemental de Stockholm.  
    Le rapport étudie la manière dont les communautés de 
l'Arctique, de la Finlande à la Russie ou au Canada, s'adaptent 
au réchauffement climatique, certaines mieux que d'autres.  
    A l'origine des chasseurs nomades, les Inuits de Cape Dorset 
au Canada, sur le territoire du Nunavut, sont devenus des 
artistes reconnus internationalement pour leur art traditionnel. 
    En Islande, la baisse des stocks de morue et l'augmentation 
de la population baleinière en raison du moratoire sur la chasse 
ont incité la communauté de pêcheurs de Húsavík à se spécialiser 
dans le tourisme d'observation des baleines.  
    D'autres communautés en Russie, au Groenland ou au Canada 
ont plus de mal à faire face. En Suède, les éleveurs de rennes 
Sámi ont de plus en plus de difficultés à nourrir leurs bêtes et 
le rétrécissement de la banquise les force à multiplier les 
déplacements. 
    "En fin de compte, la résilience de l'Arctique dépendra de 
la capacité des peuples du Nord à s'auto-organiser, à définir 
les défis dans leurs propres termes et à trouver leurs propres 
solutions, en sachant qu'ils disposeront de la souplesse et du 
soutien extérieur pour mettre en oeuvre leurs projets", conclut 
le rapport du Conseil de l'Arctique.   
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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