Les écologistes soutiennent Nicole Bricq sur les forages

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Les écologistes soutiennent Nicole Bricq sur les forages
Les écologistes soutiennent Nicole Bricq sur les forages

PARIS (Reuters) - La nouvelle ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a réaffirmé samedi l'engagement du gouvernement de refondre le code minier, mais le revirement de l'Etat sur la question des forages au large de la Guyane préoccupe les écologistes.

Les défenseurs de l'environnement soupçonnent ce dossier d'avoir motivé la mutation de Nicole Bricq de l'Ecologie au Commerce extérieur à l'occasion du remaniement ministériel de jeudi, jour où elle perdait son arbitrage sur les forages.

"Je ne sais pas si elle est vraiment partie à cause du forage en Guyane, si c'est le cas c'est très grave, c'est un très mauvais signal que ce gouvernement enverrait à l'écologie et même en général à la société", a dit samedi Pascal Durand, qui a pris ce week-end la tête d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

"L'écologie n'est pas une variable d'ajustement en fonction du moment et de l'humeur des uns et des autres", a-t-il ajouté sur RTL.

La ministre du Logement Cécile Duflot, qui a quitté samedi la direction d'EELV, a toutefois assuré avoir fait part de la préoccupation des écologistes au Premier ministre et avoir obtenu des assurances de Delphine Batho.

"La nouvelle ministre de l'Ecologie m'a assuré non seulement que tous les enjeux environnementaux en Guyane seront amenés à être réexaminés mais que la réforme du code minier mettrait un terme définitif au recours à la fracturation hydraulique", a-t-elle dit devant le conseil fédéral du parti.

La refonte du code minier, qui régit l'exploitation du sous-sol français, notamment pour la recherche de gaz et de pétrole, était le premier chantier lancé par Nicole Bricq à son arrivée au ministère en mai.

"Cette refonte est une priorité", a déclaré Delphine Batho dans un communiqué diffusé vendredi soir. Elle précise que "les travaux engagés seront poursuivis" et que les associations non gouvernementales y seront "pleinement associées".

"PREMIER BÉMOL DU GOUVERNEMENT"

Nicole Bricq avait annoncé il y a dix jours la "remise à plat" du permis de forage pétrolier de Shell en Guyane, disant vouloir réexaminer l'ensemble des permis d'exploration d'hydrocarbures, y compris ceux déjà attribués, dans l'attente d'une refonte du code minier datant de 1810.

Son annonce avait suscité un tollé chez les élus guyanais, qui espèrent des retombées économiques positives pour ce département d'outre-mer très pauvre.

Or, des parlementaires guyanais ont annoncé jeudi que les forages exploratoires de Shell allaient pouvoir reprendre. "Je confirme que les forages ont été autorisés", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

Jean-Vincent Placé, chef de file d'Europe Ecologie-Les Verts au Sénat, a estimé que "l'éviction" de Nicole Bricq était le "premier bémol" du gouvernement Ayrault.

"C'est le seul portefeuille qui a changé, c'est quand même un drôle de message", a-t-il déclaré vendredi sur Europe 1, demandant des explications au Premier ministre.

L'opposition s'est immédiatement saisie de ce premier couac au sein de la majorité présidentielle.

"La réalité des faits, c'est quand même une trahison par rapport aux principes de l'écologie parce que Nicole Bricq avait à juste titre refusé de signer des autorisations de forages en eau profonde au large de la Guyane, ce qui a entraîné une bronca", a dit pour sa part la sénatrice UMP Chantal Jouanno.

"Le jour où, justement, on constate qu'elle a perdu son arbitrage, elle est reléguée au poste de ministre du Commerce extérieur, certes important, mais dont le périmètre est largement inférieur à celui de l'Ecologie", a-t-elle ajouté sur France Info.

Les nouveaux forages sont prévus à 150 kilomètres environ des côtes guyanaises et à 6.000 mètres de profondeur.

Le coût total du projet, qui réunit Shell (45%), Total (25%) et Hardman Petroleum (27,5%), a été évalué entre 4 et 8 milliards d'euros. Le site de Zaedyus pourrait contenir jusqu'à 300 millions de barils de pétrole, selon Le Monde.

Gérard Bon

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  • papymujo le samedi 23 juin 2012 à 16:29

    Puits pétrolier contre maintient de Petroplus!