Les drapeaux des pays de l'Union européenne à l'entrée du Conseil de l'UE à Bruxelles, le 27 juin 2012, à la veille d'un important sommet

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Les Européens vont tenter jeudi et vendredi de faire avancer leur intégration économique lors d'un sommet très attendu, mais risquent une nouvelle fois de ne pas apporter les réponses d'urgence capables d'endiguer la crise, en raison de leurs divisions.Les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 se retrouvent à 13H00 GMT à Bruxelles pour un sommet qui doit accoucher d'une stratégie pour la croissance et jeter les bases d'une union renforcée, notamment sur le plan bancaire. Un projet de longue haleine qui devrait prendre plusieurs années.La France et l'Allemagne veulent "approfondir l'union économique et monétaire, demain politique", a déclaré mercredi le président français, François Hollande, lors d'une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel. "Nous avons l'obligation de construire l'Europe forte et stable de demain", a renchéri Mme Merkel.Mais ces projets risquent de ne pas suffire pour satisfaire les marchés et les partenaires des Européens, qui attendent des réponses immédiates à la crise qui gangrène la zone euro depuis près de trois ans.La crise a franchi un nouveau palier cette semaine, quand l'Espagne et Chypre sont devenus les quatrième et cinquième pays de l'Union monétaire à demander une aide financière à la zone euro, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal.Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a même lancé un cri d'alarme mercredi en prévenant que son pays ne pouvait pas continuer "longtemps à se financer" sur les marchés. Madrid voit ses taux d'emprunt flirter avec les 7%, un niveau insoutenable dans la durée.L'Italie craint elle aussi d'être emportée dans la tourmente et voit ses taux grimper depuis plusieurs semaines. Le chef du gouvernement italien Mario Monti s'est dit "prêt à travailler jusqu'à dimanche soir si nécessaire" de façon à préparer avant l'ouverture des marchés financiers un ensemble de solutions convaincantes.L'idée est de convaincre Mme Merkel, à la tête de la première économie de la zone euro, d'accepter des solutions de court terme pour faire baisser la pression sur les marchés.Parmi les mesures envisagées, activer le Fonds de secours de la zone euro (FESF) pour qu'il achète de la dette d'Etat. Si c'était le cas, ce serait la première fois qu'il interviendrait de la sorte, se substituant à la Banque centrale européenne qui s'abstient de le faire depuis mi-mars.Cette solution risque toutefois de ne soulager que très temporairement les marchés car le FESF dispose de fonds limités, contrairement à la BCE.Une autre solution avancée par l'Italie serait de doter le Fonds de secours d'une licence bancaire, pour qu'il puisse emprunter auprès de la BCE. Ce que Berlin refuse, tout comme l'institut monétaire.L'Italien Mario Monti s'est dit prêt à soutenir la proposition d'une taxe sur les transactions financières chère à Berlin, à condition que l'Allemagne autorise des interventions sur le marché de la dette, selon des propos rapportés par l'agence Dow Jones Newswires.Ces questions devraient être principalement abordées vendredi, lors du déjeuner réservé aux seuls dirigeants de la zone euro. Mais M. Monti aura fort à faire pour convaincre une Allemagne inflexible.La confrontation entre Berlin et Rome se déplacera sur le terrain sportif avec la demi-finale de l'Euro de football entre les deux pays jeudi soir, qui pourrait inciter les dirigeants européens à faire une pause.Les 27 devraient aussi adopter un pacte pour la croissance et l'emploi, sur lequel les dirigeants italien, allemand, français et espagnol se sont déjà mis d'accord et qui prévoit de consacrer 1% du budget européen, soit 120 à 130 milliards d'euros, à des projets d'investissements d'avenir.Ils examineront aussi les propositions du président de l'UE, Herman Van Rompuy, pour approfondir l'union monétaire et budgétaire, en commençant par dessiner les contours d'une union bancaire. Celle-ci comporterait une supervision renforcée, une garantie des dépôts et un mécanisme commun de résolution des crises. Mais certains pays grincent déjà des dents, et Londres veut demander des garde-fous pour protéger son secteur financier.

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