Les djihadistes se préparent aux frappes américaines en Syrie

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BEYROUTH, 16 septembre (Reuters) - Les djihadistes de l'Etat islamique (EI) se préparent aux frappes aériennes annoncées par Barack Obama et ont commencé à redéployer leurs forces et leurs armements en Syrie tout en limitant leur présence sur internet. Dans la ville de Rakka, à 450 km au nord-est de Damas, des habitants rapportent que les combattants islamistes déplacent chaque jour des équipements depuis que le président américain a annoncé le 11 septembre que la campagne aérienne menée en Irak s'étendrait à la Syrie. Alors que les Etats-Unis tentent de constituer une coalition pour combattre l'EI, l'organisation s'efforce de brouiller les pistes concernant sa stratégie. Les djihadistes ont déplacé leurs armements lourds et abandonné les bâtiments où ils avaient installé leurs administrations, cibles faciles pour les avions. Ils ont aussi évacué les familles de combattants à l'extérieur de la ville. "Ils essaient d'être insaisissables", explique un habitant de Rakka qui a requis l'anonymat par crainte de représailles. "Ils ont des cellules dormantes partout. Ils ne se réunissent qu'en petit comité". Les combattants islamistes ne se sont pas mis en sommeil, précise pourtant l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition, et ils ont abattu mardi un appareil gouvernemental près de Rakka. "L'Etat islamique opère actuellement des changements stratégiques défensifs en dispersant ses forces afin que les armes lourdes ne soient pas concentrées en un même lieu", explique un autre habitant de la ville. Les djihadistes, qui ont proclamé un "califat" dans les territoires qu'ils contrôlent en Syrie et en Irak, assument une grande partie des services quotidiens des habitants, de la circulation automobile jusqu'à la boulangerie, afin de démontrer leur capacité à gérer un Etat suivant une interprétation rigoriste de l'islam. "Les combattants ne sont pas déployés de manière visible dans les rues. Seuls ceux qui sont utiles sont présents. Les rues sont vides et les gens sont inquiets et effrayés", dit un habitant. Depuis le discours d'Obama, les magasins de la ville ferment de bonne heure et la valeur du dollar a fait un bond sur le marché parallèle des devises fortes. Des dizaines de personnes ont quitté Rakka mais il n'y a pour l'instant aucun signe de départ massif. (Tom Perry; Pierre Sérisier pour le service français, édité par Guy Kerivel)

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