Les djihadistes contrôlent la totalité de Palmyre

le , mis à jour à 10:22
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(Actualisé avec communiqué de l'EI, précisions) BEYROUTH, 21 mai (Reuters) - Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué jeudi dans un communiqué la prise de la totalité de la ville syrienne de Palmyre après avoir mis en déroute mercredi les troupes gouvernementales qui la défendaient. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui documente le conflit syrien, indique de son côté que les combattants djihadistes ont également pénétré sur le site archéologique le plus célèbre de Syrie, situé au sud-ouest de la ville moderne de Palmyre. Le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahman, précise ne pas avoir été informé pour le moment de destructions du type de celles auxquelles se sont livré les intégristes dans plusieurs cités antiques irakiennes. Dans un communiqué diffusé sur Twitter, l'EI dit avoir pris Palmyre, y compris sa base aérienne et sa prison, à la faveur de l'"effondrement" des forces du président Bachar al Assad, dont les médias officiels syriens ont reconnu mercredi soir la retraite en direction de Damas. ID:nL5N0YB3CX Les troupes gouvernementales "ont laissé de nombreux morts derrière elles", affirme le communiqué selon lequel les corps recouvrent la principale place de la ville. D'après l'OSDH, les combats autour de Palmyre ont fait au moins une centaine de morts dans les rangs des forces pro-gouvernementales depuis mercredi. Les djihadistes ont notamment conquis l'aéroport militaire, qui servait de base arrière aux dernières forces de Bachar al Assad résistant encore à l'EI dans la province de Daïr az Zour, le long de la frontière irakienne. Ils ont également planté leur drapeau noir sur le siège des services de renseignement et sur la prison de la ville, la plus grande et l'une des plus tristement célèbres du Proche-Orient. Palmyre, appelée Tadmour en arabe et située à environ 240 km au nord-est de Damas, est la première ville d'importance prise au régime syrien par l'EI, qui avait jusqu'à présent concentré ses attaques sur les mouvements rebelles, y compris islamistes. En s'emparant de la ville et de la vaste région désertique qui l'entoure, l'organisation djihadiste peut revendiquer le contrôle d'environ la moitié de la Syrie. La plupart de ces territoires sont toutefois quasiment inhabités, la population se concentrant à Damas et le long de la frontière libanaise et de la côte méditerranéenne, dans une "Syrie utile" dont l'armée syrienne a fait sa priorité. (Sylvia Westall; Tangi Salaün pour le service français, édité par Marc Angrand)

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