Les discussions sur STX France pourraient durer, selon Sirugue

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LE CHOIX DES REPRENEURS POUR SAINT-NAZAIRE POURRAIT DURER
LE CHOIX DES REPRENEURS POUR SAINT-NAZAIRE POURRAIT DURER

PARIS (Reuters) - Le choix de repreneurs pour les chantiers navals de Saint-Nazaire pourrait attendre début 2017, a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat français à l'Industrie, à la veille d'une décision concernant leur propriétaire coréen, STX.

La justice coréenne doit décider vendredi si ce groupe placé en redressement judiciaire en septembre doit être vendu en bloc ou à la découpe, ce qui signifierait céder séparément sa filiale STX France, propriétaire à 66% des chantiers de Saint-Nazaire.

Lors des questions d'actualité au Sénat, Christophe Sirugue a dit n'avoir aucun "élément d'information" sur cette décision.

Le nouveau secrétaire d'Etat à l'Industrie a cependant dit que le gouvernement se mobilisait pour trouver une solution.

"Nous rencontrons des porteurs de projets européens avec lesquels nous échangeons. Nous avons des échanges, bien sûr, avec DCNS", le constructeur naval militaire français, a ajouté Christophe Sirugue. Selon lui, "cela pourrait durer encore quelques semaines, voir nous amener au début de l’année 2017".

Les carnets de commandes des chantiers de Saint-Nazaire sont pleins et les syndicats, comme les élus locaux, redoutent que la reprise de STX France par un groupe étranger n'ouvre la porte à une main mise chinoise sur cette activité florissante.

Dans une interview publiée jeudi par Les Echos, le premier secrétaire de la CFDT, Laurent Berger, souhaite un repreneur européen pour garantir la pérennité de l'emploi.

"A l'Etat de s'opposer si le projet de reprise comporte un risque de perte du savoir-faire", ajoute-t-il.

L'Etat a deux moyens de s'opposer à un projet de reprise contraire aux intérêts français : la minorité de blocage d'un tiers qu'il détient au sein de STX France et le classement des chantiers dans les industries dites stratégiques.

DES CLIENTS ACTIONNAIRES ?

Selon le sénateur socialiste de Loire-Atlantique Yannick Vaugrenard, qui a parlé de ce dossier avec Christophe Sirugue, une solution privilégiée est une prise de participation de DCNS, dont l'Etat français est actionnaire à hauteur de 62%.

Le tour de table serait complété par le constructeur naval néerlandais Damen et deux des principaux clients des chantiers de Saint-Nazaire, l'armateur italien Mediterranean Shipping Company (MSC) et le croisiériste américain Royal Caribbean Cruises Ltd (RCCL), a précisé à Reuters cet élu.

DCNS regarde "de près" l'opportunité d'une participation minoritaire dans les chantiers de Saint-Nazaire, a déclaré mercredi son PDG Hervé Guillou.

L'Etat a pour sa part fait savoir par le ministère de l'Economie et des Finances qu'il n'envisageait pas de devenir majoritaire dans STX France mais comptait peser sur le choix du repreneur.

La dirigeante du syndicat Force ouvrière des chantiers navals de Saint-Nazaire Nathalie Durand-Prinborgne a été reçue mardi à Bercy avec trois autres représentants de FO.

"On s'attendait à un dénouement d'ici la fin de l'année mais manifestement ce sera plus long", a-t-elle dit avant d'avertir : "Si le dossier n'avance pas plus d'ici la fin de l'année, on va certainement s'inviter dans la campagne électorale pour aller interpeller les candidats" à la présidentielle de 2017.

(Emmanuel Jarry, avec Guillaume Frouin à Nantes et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • b.renie il y a un mois

    les syndicats, comme les élus locaux, redoutent que la reprise de STX France par un groupe étranger n'ouvre la porte à une main mise chinoise sur cette activité florissante. Le problème serait déjà résolu si le droit du travail français n'était pas l'épouvantail qu'il est pour les entrepreneurs de tous poils : français et étrangers. La responsabilité des syndicalistes est considérable car ce sont aux qui sont à l'origine des problèmes Goodyear, Alstom etc.