Les discussions sur l'Iran à Genève s'achèvent sans accord

le
3
PAS D?ACCORD À GENÈVE SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN
PAS D?ACCORD À GENÈVE SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

par Stephanie Nebehay et Lesley Wroughton

GENEVE (Reuters) - Les négociations de Genève sur le programme nucléaire iranien se sont achevées dans la nuit de samedi à dimanche sans accord. Les parties prenantes aux discussions ont toutefois fait état de progrès et les pourparlers reprendront le 20 novembre.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui disait craindre dans la journée un marché de dupes, a été le premier à annoncer l'absence de compromis au bout de trois journées de discussions intenses dans la ville suisse. Il a précisé qu'il restait "certaines questions à traiter", même si la réunion a permis selon lui d'avancer.

Les représentants de l'Iran et des puissances du groupe P5+1, soit les membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne, avaient entamé leurs discussions jeudi dans l'espoir de parvenir à un compromis qui permette un allègement des sanctions contre Téhéran en échange de la suspension partielle de son programme atomique.

Cet accord provisoire servirait de base à des négociations plus larges pour trouver une solution permanente au problème nucléaire iranien qui oppose depuis dix ans Téhéran aux grandes puissances mais que le nouveau président iranien Hassan Rohani dit vouloir régler dans les mois à venir.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et la haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, qui a annoncé la reprise des discussions le 20 novembre, ont dit espérer qu'un compromis pourrait être conclu lors de cette prochaine réunion.

"Nous avons eu des négociations intenses et notre objectif est de parvenir à une conclusion. C'est ce que nous nous efforcerons de réaliser quand nous reviendrons", a dit Catherine Ashton. Mohammad Javad Zarif a parlé de "trois jours très productifs sur lequel nous pouvons nous appuyer".

OBSTACLES

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a estimé que les grandes puissances s'étaient rapprochées d'un accord avec Téhéran et il a jugé possible d'atteindre cet objectif avec "du bon travail et de la bonne foi".

"Nous sommes venus à Genève pour réduire nos divergences et je peux vous dire sans exagération que nous avons non seulement réduit ces divergences et clarifié celles qui demeurent, mais que nous avons effectué d'importants progrès dans la manière d'aborder la question de savoir comment limiter ce programme et assurer son caractère pacifique", a dit le chef de la diplomatie américaine lors d'une conférence de presse.

Il a toutefois prévenu que la fenêtre diplomatique "ne resterait pas ouverte indéfiniment".

La venue de John Kerry à Genève, qui a interrompu une tournée au Proche-Orient pour se joindre aux discussions et a été rejoint ensuite par ses homologues du P5+1, a laissé croire à l'imminence d'un compromis mais la France a fait comprendre ensuite que de sérieux obstacles empêchaient encore sa conclusion.

Cette attitude a pu susciter des commentaires irrités en coulisses. "Les Américains, l'Union européenne et les Iraniens travaillent intensément ensemble depuis des mois à une proposition, et ce n'est rien moins qu'une tentative de Fabius pour se faire valoir, tardivement, dans ces négociations", a dit un diplomate occidental.

John Kerry a cependant minimisé l'idée que l'unité des Occidentaux se fissurait. "Je pense qu'il y a ce soir unité dans notre position et unité dans l'objectif", a-t-il dit.

IMPULSION

Interrogé sur le rôle joué par Laurent Fabius dans les pourparlers, Mohammad Javad Zarif a jugé "naturel que des divergences de vues apparaissent lorsqu'on commence à entrer dans les détails et nous nous y attendions". "Je ne suis pas déçu du tout parce c'était une bonne réunion", a-t-il dit. "Je crois que nous sommes tous sur un même élan et c'est ce qui est important et nous donne l'impulsion pour progresser lorsque nous nous rencontrerons la prochaine fois."

Les principaux points d'achoppement semblent porter sur la fermeture du réacteur iranien d'Arak, qui pourrait à terme contribuer à produire du combustible de qualité militaire, sur le sort du stock d'uranium fortement enrichi et sur la nature et le calendrier de l'allègement des sanctions économiques réclamé par Téhéran.

L'une des principales mesures envisagées porterait sur le déblocage progressif d'environ 50 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés sur des comptes étrangers.

L'Occident soupçonne le programme nucléaire de Téhéran de comporter un volet militaire, ce que les Iraniens démentent.

John Kerry est arrivé vendredi de Tel Aviv à l'issue de ce qui semble avoir été un entretien tendu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui rejette tout compromis avec Téhéran et exige un démantèlement complet des installations nucléaires de l'Iran.

Lors de sa conférence de presse au terme des pourparlers, John Kerry a semblé reconnaître des tensions avec des alliés de Washington qui jugent qu'un accord avec l'Iran serait une erreur, apparente allusion à l'Etat juif mais aussi à l'Arabie saoudite.

"Certains de nos alliés sont directement et immédiatement impliqués et nous respectons énormément, inutile de le dire, leurs préoccupations", a déclaré le secrétaire d'Etat américain.

Avec Fredrik Dahl, Louis Charbonneau; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • baljo le dimanche 10 nov 2013 à 14:46

    Quoi de plus normal?

  • 830i le dimanche 10 nov 2013 à 14:17

    ils ont bien bouffés, le temps de passer faire un coucoo à leur gestionnaire de patrimoine et hop !! bye bye

  • LeRaleur le dimanche 10 nov 2013 à 11:04

    Tout a fait normal, discutions sans avenir, comme d'hab. Et pendant ce temps et tout ce blabla, l'Iran continue vers sa bombe A. La taqqyia, et encore la taqqyia. Les Occidentaux sont des gamins sans cervelle.