Les discussions entre la Grèce et la troïka toujours tendues

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par Lefteris Papadimas ATHENES, 18 novembre (Reuters) - Les discussions entre la Grèce et ses créanciers internationaux sont tendues et les deux parties ont "les nerfs à vif", a déclaré mardi le ministre grec des Finances. Des inspecteurs de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) sont attendus à Athènes mais il ne reste que trois semaines pour tenter de conclure un accord avant la date butoir du 8 décembre fixée par le gouvernement d'Antonis Samaras. "Nous sommes dans une phase difficile", a dit le ministre des Finances, Gikas Hardouvelis, lors d'un entretien avec le président de la République, Karolos Papoulias. "Dans cette période intérimaire, les nerfs sont à vif de tous les côtés. Pas seulement de notre côté: c'est aussi le cas du côté des prêteurs." Les discussions entre les deux parties achoppent principalement sur le déficit budgétaire attendu en 2015, a expliqué à Reuters un haut responsable gouvernemental. Les bailleurs de fonds internationaux estime que le projet du gouvernement d'autoriser les contribuables grecs à s'acquitter de leurs arriérés d'impôt en 100 mensualités va creuser le déficit, ont précisé deux sources gouvernementales. La troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) estime que le déficit 2015 sera proche de 2,5 milliards d'euros si le budget n'est pas modifié, a précisé un responsable gouvernemental. Athènes, qui doit présenter cette semaine au parlement la version définitive du projet de loi de finances, table sur un déficit inférieur à un milliard. "Je pense qu'on trouvera une solution", a dit le haut responsable gouvernemental, mais "le délai sera serré si (les inspecteurs de l'UE et du FMI) ne reviennent pas à Athènes d'ici la semaine prochaine." Le vice-Premier ministre Evangelos Venizelos a déclaré qu'Athènes ne modifierait pas le projet de budget en dépit du scepticisme affiché par l'UE et le FMI. "Nous ne reculerons sur aucun front", a-t-il dit, ajoutant qu'Athènes poursuivrait les réformes sans nouvelles mesures d'austérité. Antonis Samaras souhaite que son pays se libère des contraintes du plan d'aide international dès l'an prochain, soit avec un an d'avance sur le calendrier initial, afin d'apaiser l'opinion publique. L'enjeu est aussi politique: l'issue de l'élection présidentielle prévue en février pourrait déclencher des législatives anticipées que le parti de gauche radicale Syriza semble pouvoir remporter. (Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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