Les discussions de Genève sur la Syrie s'achèvent

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 (Actualisé tout du long) 
    par Tom Miles, John Irish et Stephanie Nebehay 
    GENEVE, 3 mars (Reuters) - Les discussions sur la paix en 
Syrie organisées depuis huit jours à Genève, les premières en 
près d'un an, devraient s'achever ce vendredi sans grande 
avancée mais avec dans chaque camp le sentiment d'une petite 
victoire.  
    La Russie et les diplomates occidentaux s'attendent à voir 
les pourparlers se conclure par un accord sur un ordre du jour 
et la reprise des discussions dans quelques semaines à Genève, 
après des discussions au Kazakhstan le 14 mars.  
    En huit jours, les deux camps n'ont certes pas négocié en 
face-à-face mais réussi à marchander sur l'ordre du jour par 
l'intermédiaire de l'envoyé spécial des Nations unies pour la 
Syrie Staffan de Mistura.  
    La conférence de Genève IV, qui s'est ouverte le 23 février, 
se fonde sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des 
Nations unies. 
    Ce texte, adopté à l'unanimité en décembre 2015, encadre un 
processus de transition politique en Syrie avec mise en place 1. 
d'une "gouvernance crédible, inclusive et non sectaire", 2. 
élaboration d'une nouvelle constitution avant la tenue 3. 
d'élections "libres et régulières". 
    De Mistura souhaite que ces trois points fassent l'objet de 
trois thèmes distincts de discussions. Damas a accepté d'étudier 
ces trois thèmes mais a demandé de leur adjoindre un quatrième 
sur le "terrorisme".  
    L'opposition est réticente. Elle redoute que la délégation 
de Damas exploite ce quatrième point pour gagner du temps et 
bloquer les négociations. 
     
    "DU MOUVEMENT DES DEUX CÔTÉS" 
    "Il y a du mouvement des deux côtés. La difficulté est que 
l'opposition veut être sûre de la manière dont sera traitée la 
question du terrorisme et dans quel ordre", explique un 
diplomate. "Ils ont besoin d'une formulation qui assurera que le 
processus ne sera pas pris en otage par le gouvernement pour 
éviter de discuter de transition politique. De Mistura doit 
s'assurer que les deux parties ne se sentiront pas piégées." 
    Le champ des négociations est beaucoup plus restreint qu'il 
y a un an, quand De Mistura devait également gérer des demandes 
sur un cessez-le-feu ou la libération des prisonniers. 
    Une trêve précaire est en place depuis la fin décembre et 
des discussions séparées au Kazakhstan, parrainées par la 
Russie, la Turquie et l'Iran, s'attachent à régler les questions 
militaires.  
    Les diplomates russes ont rencontré jeudi soir des 
représentants de groupes armées rebelles, a-t-on appris de 
sources diplomatiques et proches de l'opposition. Il s'agissait 
du deuxième contact en deux jours entre Moscou et membres de 
l'opposition, que le gouvernement syrien continue de considérer 
comme des terroristes.  
    En dépit de ces contacts, Moscou a accusé la principale 
instance de l'opposition, le HCN (Haut Comité pour les 
négociations), constitué avec le soutien de l'Arabie saoudite, 
de chercher à saboter le processus en refusant de s'allier à 
deux autres groupes d'opposants plus modestes acceptés par 
Moscou et Damas.  
    Djihad Makdissis, qui dirige le "Groupe du Caire" incluant 
des opposants tolérés par le régime de Damas, a dit avoir vu 
vendredi Staffan de Mistura, et s'attendre à ce que l'émissaire 
expose dans la journée les modalités du prochain cycle de 
pourparlers. Des responsables russes évoquent une reprise des 
négociations dans la ville suisse le 20 mars.      
 
 (Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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