Les discussions d'Areva avec EDF buteraient sur la valorisation

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LES DISCUSSIONS D'AREVA AVEC EDF BUTERAIENT SUR LA VALORISATION
LES DISCUSSIONS D'AREVA AVEC EDF BUTERAIENT SUR LA VALORISATION

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Les discussions sur un rachat par EDF de tout ou partie des activités d'Areva dans les réacteurs nucléaires butent notamment sur des questions de valorisation, a-t-on appris jeudi de trois sources au fait du dossier.

Dans un scénario qui consisterait pour EDF à racheter la seule ingénierie des réacteurs du groupe nucléaire, l'électricien a fait une proposition ferme de 280 à 300 millions d'euros alors que son fournisseur demande un milliard.

Selon une des sources, EDF est aussi prêt à faire une offre pour l'ensemble des activités d'Areva dans les réacteurs (Areva NP), qui incluent la fabrication des grands composants et la maintenance, mais ne dispose pas de toutes les informations nécessaires.

"C'est clairement l'option que le gouvernement valide, EDF est prêt à déposer une offre mais Areva n'a pas donné tous les éléments (...) permettant de valoriser l'activité", selon cette source, qui évoque une fourchette de valorisation très large allant de deux à trois milliards d'euros.

"Une décision pourrait être prise très vite mais Areva a beaucoup de mal à accepter de redevenir la Cogema (centrée sur le combustible nucléaire-NDLR) et cherche à gagner un maximum de temps."

Selon une autre source, des voix s'élèvent en effet chez Areva pour critiquer une activité dans les réacteurs qui serait réduite à "l'arrière-boutique d'un électricien" ou encore à "un magasin de pièces détachées".

Selon un député au fait du dossier, le directeur général d'Areva, Philippe Knoche, a déclaré il y a peu aux élus du Cotentin qu'un rachat d'Areva NP par EDF "n'était pas un scénario qu'il soutenait personnellement".

Le dirigeant privilégie la cession d'une participation d'un maximum de 49% dans le pôle minier et la création d'une coentreprise Areva-EDF dans l'ingénierie nucléaire, a précisé cet élu. 

BLOCAGES AILLEURS

Un autre acteur du dossier, au fait des réflexions d'Areva, dément que le groupe cherche à gagner du temps dans les négociations et estime que "ce n'est pas uniquement sur les valorisations qu'il y a des blocages".

Areva et EDF, dont l'Etat détient environ 87% et 84,5% du capital respectivement, de même que le ministère de l'Economie n'ont pas souhaité commenter ces informations.

Une des sources a en outre indiqué qu'une réunion à l'Elysée pourrait se tenir prochainement pour "taper du poing sur la table et forcer Areva à aller à la table des négociations" au sujet de l'option d'une reprise d'Areva NP par EDF.

Dans ce scénario, EDF se doterait d'une nouvelle division qui serait ensuite filialisée, pour lui permettre de travailler avec d'autres clients et éventuellement faire entrer d'autres partenaires à son capital, par exemple en cédant une participation de quelques pourcents à des investisseurs chinois.

Il s'assurerait en outre une meilleure maîtrise du coût et de la qualité des équipements produits par son fournisseur, dont les réacteurs EPR en construction à Flamanville (Manche) et en Finlande multiplient les déboires.

EDF ne reprendrait pas toutefois les passifs liés à l'EPR finlandais d'OL3, pour lesquels une garantie de l'Etat français pourrait être envisagée.

Areva, en perte de 4,8 milliards d'euros en 2014, a annoncé jeudi son intention de supprimer entre 5.000 et 6.000 postes au niveau mondial sur trois ans dans le cadre de son plan de sauvetage, dont 3.000 à 4.000 en France.

L'ingénierie des réacteurs nucléaires d'Areva emploie près de 10.000 personnes. Les effectifs de la totalité d'Areva NP s'élèvent à 17.000 personnes, dont 10.000 en France.

Le groupe a prévu de présenter d'ici à fin juillet un plan de financement pour la période 2015-2017 qui inclura "des partenariats comportant un volet financier" et un renforcement de ses fonds propres pouvant passer par une augmentation de capital.

(Avec Matthieu Protard, Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • bearnhar le jeudi 7 mai 2015 à 17:28

    Normal, ça ne vaut rien, vous pouvez doubler la perte, minimum. Quand à EDF, combien de dette ? A un moment donné, il va falloir que les boites rapportent. Service public, investissements, je veux bien. Les Socialos ne sont choqués que sur les indemnités des patrons du privé, MDR

  • pichou59 le jeudi 7 mai 2015 à 17:20

    wikipédia : À la suite de son départ d'Areva, elle reçoit des indemnités de départ d'un montant de 1,5 million d'euros20. En sus de ces indemnités de fin de contrat et de non-concurrence, Anne Lauvergeon perçoit 319 045 € pour couvrir ses dépenses du second semestre 2011 de « secrétaire, garde du corps et agent de sécurité - combien pour les ouvriers?

  • umrk le jeudi 7 mai 2015 à 17:02

    en même temps, c'est la main gauche de l'état qui vend à la main droite de l'état, pour l'essentiel ....

  • olive84 le jeudi 7 mai 2015 à 17:00

    la valorisation d Areva ??? bein elle vaut moins que 0.... mais ils vt nous faire croire que ca vaut des milliards... des dettes colossales et encore des dettes a venir avec les epr qu il faut terminer, plus les réparations qu il faudra payer car les epr ne marcheront jamais....

  • M4630859 le jeudi 7 mai 2015 à 16:55

    "C'est clairement l'option que le gouvernement valide" c'est le gouvernement qui est aux manettes donc c'est sûr qu'il valide. EDF va racheter Areva et va le planter pour 10 ans.